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St-Georges, le dragon et la femme. -2/2-

Publié le par Perceval

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saint-george-and-the-dragon de Luca Signorelli-1505 (détail)

Le cas de saint Georges est unique, d’abord par sa popularité, par le succès de son culte, qui en a inquiété plus d’un, parce qu’il faisait de l’ombre au culte des apôtres eux-mêmes : au Moyen Âge, il n’était pas de pèlerin qui, ayant visité le Saint-Sépulcre, n’allât se recueillir aussitôt sur la tombe présumée de saint Georges.

Des siècles après sa mort, la réputation de ce saint guerrier était telle qu'il devint le protecteur de l'Angleterre, de la Catalogne, de l'Aragon, de l'Italie et e la Grèce, et qu'on le révérait dans des pays aussi différents que la Lituanie, le Portugal et Constantinople. Sa fête, fixée au 23 avril, était partout célébrée par de magnifiques processions et des réjouissances. L'ordre de la Jarretière, la plus haute distinction britannique, se recommandait de lui.

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Edward Burne-Jones, La légende de St George et le dragon Détail

Pour tout dire, le dragon entre tardivement en scène... Vers le Xe siècle, et dans les légendiers vers le XIIIe s.( Jean de Mailly, 1240 ; Jacques de Voragine, avec la Légende dorée, vers 1290).

Dans les versions épiques et chevaleresques, l’enjeu est toujours la princesse – ce qui, est loin d’apparaître comme l’enjeu manifeste du combat de saint Georges, dans les versions plus anciennes ( sans dragon)...

Ensuite avec l'épisode du dragon, on retrouve, comme dans de nombreux récits chevaleresques : d’un côté le saint ( vierge) chevalier solitaire, et de l'autre une thématique nuptiale…

Saint Georges ( de par son origine agricole) , fêté le 23 avril est associé à l’ouverture des lieux, après la fonte des neiges, les sentiers sont à nouveau praticables, surtout pour les cavaliers... Le dragon, lui est associé à l’ouverture mortelle des corps sous les dents du dragon, et donc – avec une jeune fille - à l’ouverture vivante et féconde, l’ouverture sexuelle...

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Pieter balten (1525-1598): la_kermesse_de_la_saint_georges

Avec la Saint-Georges débute en effet, depuis le Moyen Âge, tout un cycle de fêtes d’initiations, fêtes pendant lesquelles – en particulier - l’image monstrueuse et coupable de la sexualité (l’image, donc, du dragon) est transgressée.

Les fêtes populaires convertissent ces tensions... Cette « ouverture » festive, et les légendes ( caution de l'imaginaire ) permettent de convertir en transgression l’interdit même qu’elle met en scène...

Le combat du prude chevalier contre le répugnant dragon – dont l’exigence sexuelle à s’offrir toutes les vierges d’un royaume constitue un aspect fondamental de sa valeur négative, partout explicite, sauf bien sûr dans ses versions ecclésiastiques – se transforme, se convertit en un jeu libre mais protégé, comme sanctifié par l’image tutélaire du saint. Voilà peut-être pourquoi on ne sait jamais exactement, dans les images de saint Georges, si le dragon est anéanti ou bien apprivoisé (notamment par la princesse).

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St Louis, St George, et la princesse - Jacopo Tintoretto (1518-1594)

" Sur une toile du Tintoret, on y voit saint Georges, le dragon, la princesse et Louis de Toulouse. Trois siècles plus tard, préparant Les pierres de Venise John Ruskin s’est arrêté devant cette toile. Il remarque que «  le sujet est traité d’une nouvelle et curieuse façon. Le personnage principal est la princesse, à califourchon sur le cou du dragon qu’elle tient par une bride de ruban ( ) Il n’y a aucune expression, aucune vie dans ce dragon ( ) la princesse semble avoir été placée par saint Georges sur le dragon, son principal ennemi, dans une attitude victorieuse. Elle porte une riche robe rouge, mais elle manque de grâce ». L’attitude est «  nouvelle et curieuse »; en clair, pour une princesse, elle est franchement inconvenante. Le dragon entre ses jambes est dit « sans vie »  "

Sources: « Saint Georges ou l’imaginaire de la liberté » de Richard Miller


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St-Georges, le dragon et la femme. -1/2-

Publié le par Perceval

La légende dorée de Jacques de Voragine (1228 env.-1298) évoque l’histoire héroïque du chevalier Georges qui délivre une ville assiégée par un dragon.

Il est intéressant de se rendre compte de l'histoire de la légende qui d'un agriculteur, fait un soldat, puis un tueur de dragon. Son culte connaît un grand succès populaire, il est invoqué contre toutes sortes de peur ( en particulier autour de la féminité)... Il devient , pas très catholique, du fait – entre autres raisons - de sa romance chevaleresque ( XIIe et XIIIe s.)... ? Le pape Paul III (pape de 1534 à 1549) fait retirer du bréviaire les leçons du second nocturne, relatives à Saint Georges.


Voici l'histoire:
Un reptile monstrueux habite une mare près de Silène (province de Libye). Plusieurs fois le peuple est venu avec des armes pour le tuer; mais il lui suffit de s'approcher d'une foule pour les détruire de son souffle.
Les habitants de la ville doivent mettre journellement deux brebis à sa disposition, pour satisfaire sa voracité. Quand il n’y a plus de brebis, il faut lui offrir des humains : les filles lui sont offertes... Le tour de la fille du roi vient et le peuple la réclame. Le père affligé, offre tous ses trésors en échange de la vie de sa fille, mais en vain.
Le peuple lui répond avec fureur : « Maintenant que tous nos enfants sont morts, tu veux sauver ta fille ? Si tu ne fais pas pour ta fille ce que tu as ordonné pour les autres, nous te brûlerons avec ta maison.» Alors le roi, voyant qu'il ne pourrait sauver sa fille, la fait revêtir d'une robe de mariée et l’embrasse en larmes.
Il la laisse partir en lui disant : « O ma fille, que ne suis-je mort avant toi pour te perdre ainsi ! ». Elle se jette aux pieds de son père pour lui demander sa bénédiction, et le père l’ayant bénie, elle se dirige vers le lac.
A ce moment là passe le chevalier Georges, et la voyant pleurer, il lui demande ce qu'elle a.
« Bon jeune homme, lui répond-elle, vite, monte sur ton cheval ; fuis, si tu ne veux mourir avec moi. » N'aie pas peur, lui dit Georges, Je ne m’en irai pas avant que tu ne m’aies expliqué ce que tu as. » Or, après elle l'instruit totalement, Georges lui dit :
« Ma fille, ne crains point, car au nom de J.-C., je t'aiderai. »
Elle lui dit : « Bon soldat ! mais hâte-toi de te sauver, ne péris pas avec moi ! C'est assez de mourir seule; car tu ne pourrais me délivrer et nous péririons ensemble. » Alors qu'ils parlent ainsi, voici que le dragon s'approche en levant la tête au-dessus du lac. La jeune fille toute tremblante dit : « Fuis, mon seigneur, fuis vite.
« A l’instant Georges monte sur son cheval, et se fortifiant du signe de la croix, il attaque avec audace le dragon qui avance sur lui : il brandit sa lance avec vigueur, se recommande à Dieu, frappe le monstre avec force et l’abat par terre

 
Il dit ensuite à la jeune fille d’attacher avec sa ceinture (symbole de chasteté), la bête blessée. Le dragon la suit comme un gentil chiot. Quand elle arrive à la porte de la ville, les gens prennent peur et s’enfuient. Saint Georges essaye de les retenir et de les tranquilliser : « Ne craignez rien, le Seigneur m’a envoyé auprès de vous afin de vous délivrer des malheurs que vous causent ce dragon : seulement croyez en J.-C., et que chacun de vous reçoive le baptême, et je tuerai le montre.
Alors le roi avec tout le peuple reçoit le baptême, et saint Georges, ayant dégainé son épée, tue le dragon et ordonne de le porter hors de la ville. Selon d’autres versions, la princesse était enfermée dans un château et tous mouraient de soif car la source était au pied de la montagne où se trouvait la tanière du dragon.


Dante Gabriel Rossetti - Le mariage de St Georges et de la princesse Sabra 1857

Saint-Georges, le héros au cœur pur, tua un dragon pour sauver une princesse de Libye. En récompense, il obtint la main de la jeune fille.

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Univers Steampunk -4/4-

Publié le par Perceval

Galerie Steampunk: Mode

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M Un appartement Steampunk à New-York

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Univers steampunk -3/4-

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Univers steampunk -3/4- - Galerie steampunk: Tiffanie Uldry - la clef d'argent…
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Derrière Le "Poilu", Cherchez La Femme ... -3- La mère

Publié le par Perceval

Le 1er août 1914, le gouvernement français décrète la mobilisation générale.

Dimanche-2-aout-1914-Mobilisation_Generale_1914.jpg

Deux jours après avoir déclaré la guerre à la Russie, l'Allemagne déclare la guerre à la France. Le 4 août, la Grande-Bretagne entre en guerre aux côtés de la France et de la Russie en réaction à l'invasion de la Belgique par l'armée allemande.

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La guerre est une épreuve pour les femmes comme pour les hommes. Aux mères et aux épouses, puis aux jeunes filles condamnées au célibat, elle apporte d’abord la souffrance de la séparation et de la disparition d’êtres chers : un million trois cent mille soldats français sont morts, soit 10 % de la population active masculine, un million huit cent mille en Allemagne, sept cent cinquante mille en Grande-Bretagne ...

Les premiers jours du conflit : l'image est à 'la fleur au fusil', la tête emplie de rêves de gloire et d'aventure que la plupart des belligérants prennent le chemin de la guerre.

Malheur aux défaitistes, malheur aux pacifistes, mort à Jaurès... Mais certains, plus lucides, flairaient déjà dans l'air, comme une odeur de drame.

"Et tard dans la nuit, en pensant à tous ces garçons qui bouclaient leur valise, à toutes ces mamans qui faisaient cuire des oeufs durs, je m'endormis, les yeux pleins de larmes, comme Lucien qui devait se réveiller philosophe". "L'Humaniste à la Guerre" (août 1914 à Autun) - Paul Cazin : Humaniste et érudit, éduqué dans une école Cléricale du Diocèse d'Autun, Paul Cazin a déjà 35 ans lorsque la guerre éclate. Il rejoint le 29e R.I. et participe avec lui de mars 1915 à juillet 1915 aux combats de Lorraine et du Saillant de St Mihiel, avant d'être évacué pour maladie. Surnommé "Grand Père" par ses jeunes soldats, ce sergent écrivit de nombreuses lettres enflammées à son épouse, dans lesquelles il raconte très fidèlement ses actes et pensées, dans un joli style émaillé de citations latines ou grecques. Son "Humaniste à la Guerre" mélange ces lettres avec des notes de son carnet.
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"On a dit aux allemands : 'En avant, pour la guerre fraîche et joyeuse ! Nach Paris et Dieu avec nous., pour la plus grande Allemagne' Et les lourds allemands paisibles, qui prennent tout au sérieux, se sont ébranlés pour la conquête, se sont mués en bêtes féroces.

On a dit aux français 'On nous attaque. C'est la guerre du Droit et de la Revanche. A Berlin !' Et les français pacifistes, les français qui ne prennent rien au sérieux, ont interrompu leurs rèveries de petits rentiers pour aller se battre.

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(...) Vingt millions, tous de bonne foi, tous d'accord avec Dieu et leur Prince... Vingt millions d'imbéciles... Comme moi !"

"La Peur" (août 14) - Gabriel Chevallier 'La Peur' fut écrit bien après la guerre (en 1930) par Gabriel Chevallier qui se rendit ensuite célèbre par son oeuvre littéraire, dont le principal succès fut 'Clochemerle'. Mobilisé à 19 ans en 1914, il est blessé en 1915. Revenu au front en 1916, il terminera la guerre dans l'infanterie. La Peur est donc un roman autobiographique à la première personne, intégrant les souvenirs de guerre de l'auteur, bien qu'il ait nommé son héros 'Jean Dartemont'.

 

«  Ils appelaient leur mères: Un des souvenirs les plus poignant des anciens combattants était le cri des blessés laissés entre les deux lignes, dans le no man's land, qui appelaient leur mères, suppliaient qu'on les achève. 

Mais le cri le plus affreux que l'on puisse entendre et qui n'a pas besoin de s'armer d'une machine pour vous percer le coeur, c'est l'appel tout nu d'un petit enfant au berceau: "Maman! maman!..." que poussent les hommes blessés à mort qui tombent et que l'on abandonne entre les lignes aprés une attaque qui a échoué et que l'on reflue en désordre. "Maman! maman!..." crient ils... 

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Et cela dure des nuits et des nuits car dans la journée ils se taisent ou interpellent leurs copains par leur nom, ce qui est pathétique mais beaucoup moins effrayant que cette plainte enfantine dans la nuit: "Maman! maman!..." Et cela va en s'atténuant car chaque nuit ils sont moins nombreux... et cela va en s'affaiblissant car chaque nuit leurs forces diminuent, les blessés se vident... jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un seul qui gémit sur le champs de bataille, à bout de souffle: "Maman! maman!...", car le blessé à mort ne veut pas encore mourir, et surtout pas là, ni comme ça abandonné de tous... et ce petit cri instinctif qui sort du plus profond de la chair angoissée et que l'on guette pour voir s'il va encore une dernière fois se renouveler est si épouvantable à entendre que l'on tire des feux de salve sur cette voix pour la faire taire, pour la faire taire pour toujours... par pitié... par rage... par désespoir... par impuissance... par dégoût... par amour, Ô ma maman! »

- Blaise Cendrars, « La Main coupée et autres récits de guerre »


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La Picarde maudissant la guerre (de Péronne) qui tend un poing vengeur Monument morts - la mère-patrie pleurant ses fils morts au champ d′honneur

La plupart des femmes, comme les hommes, sont en 1914, nationalistes, patriotes et soutiennent la guerre. Cependant, quelques féministes affirment leur opposition :

 « J’en appelle à vous toutes, ô femmes-mères ! épouses ! amantes ! sœurs ! que la guerre a meurtries hier et qu’elle meurtrira encore demain… C’est à nous les femmes qu’il appartient d’être rédemptrices. Car nous sommes les mères, les créatrices de vie » Voir in F. Thébaud, La femme au temps de la guerre de 14, op. cit.

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Des passants circulent devant le café du Croissant, à Paris, le 1er août 1914, au lendemain de l'assassinat de Jean Jaurès dans cet établissement. Lecture_des_affiches ce 2 août 1914

L’institutrice Hélène Brion, secrétaire générale du syndicat des instituteurs et institutrices, traduite en conseil de guerre pour défaitisme en mars 1918 : « Je suis ennemi de la guerre parce que féministe. La guerre est le triomphe de la force brutale, le féminisme ne peut triompher que par la force morale et la valeur intellectuelle. » Position minoritaire qui échoue devant la force des nationalismes, comme échoue la minorité des femmes socialistes pacifistes qui se réunissent à Berne en mars 1915, à l’appel de Clara Zetkin.

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Charge à la bayonnette Les chevaux ont été réquisitionnés...

Cependant , comme les hommes et les femmes socialistes, renient aussi leur internationalisme d’avant-guerre (« tant que durera la guerre, les femmes de l’ennemi seront aussi l’ennemi » écrit Jane Misme dans La Française du 19 décembre 1914) et se veulent le ferment moral des nations. Par exemple, les féministes françaises de l’Union française pour le suffrage des femmes (UFSF) et du Conseil national des femmes françaises (CNFF) considèrent la guerre comme « une cause sainte » contre la barbarie et le militarisme prussien ; elles appellent les Françaises à être des « semeuses de courage » et à ne pas ébranler le sens du devoir chez les hommes (notamment lors des permissions)  

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Univers Steampunk -3/4-

Publié le par Perceval

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A lire:

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Cinéma:

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La Cité des enfants perdus:

Synopsis :
Krank, un vieil homme vit sur une île artificielle entouré de clones, tous identiques. Krank, hanté par de perpétuels cauchemars, fait enlever des enfants perdus pour leur prendre leurs rêves. Quand Denrée, un petit garçon boulimique, est enlevé, son « grand frère », One, se met en tête de le retrouver avec l'aide de Miette, une fillette débrouillarde, chef des enfants perdus.

 

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