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Pauline, la Vénus de l'Empire -1-

Publié le par Perceval

soeurs-de-napoleon-Bonaparte-david.jpgNapoléon Bonaparte a trois sœurs : Maria-Elisa, sera grande-duchesse de Toscane ; Maria-Annunciata, veut être appelée Caroline (elle épousera Joachim Murat et sera grande-duchesse de Berg, puis reine de Naples) ; enfin Maria-Paola, la petite Paoletta, Pauline, la préférée de Napoléon. Ils étaient tous nés en Corse.

Pauline est née à Ajaccio le 20 octobre 1780. Dès son enfance, jolie, coquette, indépendante autant qu'indisciplinée, elle préfère l'amusement au travail, fait l'école buissonnière : elle croit que la vie est faite pour se distraire et que le monde entier doit contenter ses désirs.

La famille Bonaparte doit s'exiler, et joint Marseille. Napoléon conquiert brillamment ses grades et Joseph épouse Julie Clary, fille d'un riche négociant marseillais.

Avec sa soeur, Maria-Annunciata, Pauline à 14 ans court les bals et traîne à sa suite de nombreux admirateurs... Le plus assidu et le mieux accueilli est Stanislas Fréron. Il a mauvaise réputation, et sa mère suit l'avis de Bonaparte, elle refuse la demande en mariage... Pauline est furieuse …

Pauline retrouve très vite la joie de vivre avec les amis de Bonaparte, Leclerc la console, et Junot, mais il n'est que lieutenant et pauvre, demande à son frère la main de sa sœur, qui refuse …pauline bonaparte

A Milan, le général Bonaparte fête avec les siens les triomphes de l'armée d'Italie. Pauline retrouve le Général Leclerc, et le mariage est célébré à Monbello, en septembre 1797.

Pauline à peine mariée, cesse de l'aimer … pour ne penser qu'à vivre au gré de ses caprices et de ses folles fantaisies. La toilette la préoccupe encore plus que ses amours. Pauline, est "la plus jolie femme du temps". De beaux cheveux, des yeux pleins de douceur et de flamme, des dents admirables, enfin un corps souple et charmant, une poitrine merveilleuse, une taille d'une finesse extraordinaire, des mains et des pieds d'enfant, une démarche d'une grâce infinie.

Elle mène, depuis son mariage, une existence passablement déréglée. Ses frasques défraient la chronique... On calcule le nombre de ses amants. On cite leur nom... Parmi eux, le tragédien Lafon, qu'elle aime assez longtemps. La liaison fait scandale et Bonaparte intervient.

Il décide d'éloigner Pauline, afin de la soustraire aux dangers de la vie parisienne et charge le général Leclerc de commander une expédition contre les noirs révoltés de Saint-Domingue.

Pauline-Bonaparte--princesse-Borghese-Marie-Guilhelmine-BE.jpg
Pauline Bonaparte, princesse Borghèse par Marie Guilhelmine BENOIST

Pauline, furieuse de partir, multiplie les difficultés et les retards. Elle gémit, pleure et prend chacun à témoin de de la cruauté de son frère qui veut la faire mourir.. ! Sur l'île, elle continue à vivre avec excès ( du général Salme ( renvoyé en France...) à quelques résidents) au point que le chancelier Pasquier, notera que sa vie "fit rougir le soleil des Tropiques". Devant les assauts guerriers des noirs, elle se fait remarquer par son courage, mais Leclerc est emporté par la fièvre jaune ( 2 Nov 1802) ; et se console avec le général Humbert

Rentrée à Paris, elle ne songe d'abord qu'à se soigner, puis use ses forces dans les fêtes et les plaisirs... Paris ne pense qu'à s'amuser : On se presse chez Mme Récamier, où Pauline est entourée d'une cour de brillants officiers et de ravissantes jeunes femmes. Le favori du moment s'appelle Lafon, ou Jules de Canouville … Napoléon se résout à la marier : La victime choisie pour ce redoutable emploi est le prince Camille Borghèse ( grande fortune...). La princesse Pauline est enchantée, le mariage a lieu le 18 août 1803.

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Marie de Magdala ( Madeleine ) - La femme multiple

Publié le par Perceval

Marie de Magdala (en grec : Magdaléné). Magdala est le nom de la ville où était née Marie qu'on surnomme Madeleine.

Eugene Delacroix 
Marie-madeleine au pied de la croix
Titian: " Noli Me Tangere "
  • Marie Madeleine au calvaire : Mat 27, 55-56, Marc 15, 40, Jean 19, 25
  • Marie Madeleine au tombeau lors de l'ensevelissement et même au matin de Pâques : Mat (27,61; 28,1) Marc 15, 47 et 16,1 ; Luc 24, 10.... Elle cherchera alors à connaître l’endroit où on mettra le corps et préparera avec d’autres femmes les aromates et ce qu’il faut pour envelopper le corps.
  • Marie Madeleine suit Jésus, parce qu'il l'avait guérie. (sept démons étaient sortis d'elle : Luc 8,1-3)... Marie a répondu à l’appel du Maître à le suivre avec Jeanne, Suzanne et beaucoup d’autres. Et elle sera fidèle à cet appel, faisant route avec lui jusqu’à la fin, comme Luc le rapporte (Lc 8,4).
  • Marie Madeleine rencontre jésus ressuscité : Jean 20,1 -19
  • Marie Madeleine sera la première femme qui diffusera l'Évangile à la demande même de Jésus (20,17-18) . Lorsque Jésus se manifeste à elle, elle répond à l’invitation d’aller annoncer aux disciples qu’il était vivant : « Va dire à mes frères que je monte vers mon Père, votre Père, et mon Dieu, votre Dieu » (Jn 20,17) Jésus a confirmé sa mission d’« apôtre des apôtres », comme on la nommera au début de la chrétienté.
Jean Béraud 1848-1935 la Madeleine chez les Pharisiens, 1891
Sainte Marie-Madeleine à la Saint Beaume 1620


Pour créer le mythe « Marie-Madeleine », il a été nécessaire de confondre, au moins trois femmes:

  • une femme de 'mauvaise vie' non identifiée qui répandait du parfum sur les pieds de Jésus en Lc 7,37,
  • Marie de Magdala libérée de son mal au chapitre suivant en Lc 8,2 
  • et Marie de Béthanie, la sœur de Marthe et de Lazare, qui répandait elle aussi du parfum sur les pieds de Jésus en Jn 12,3.
  • Marie l’Égyptienne vient parfois s’additionner à cette équation déjà longue.
Jacques TISSOT; 1886-1894 Les précieux onguents de Marie Madeleine
Paul Baudry (1828-1886) , la Madeleine pénitente


On en a fait un seul personnage. Augustin, dans les années 400 (354-430), serait à l’origine de l'histoire ; et le pape Grégoire le Grand, dans les années 600 (595 apr. J.-C.), a contribué à fixer cette image dans ses homélies.

Vie de marie Madeleine Eglise d'Auron 1451
Lucas_Moser l'autel de marie madeleine rétable 1431



*** Nulle part dans l'Écriture elle n’est identifiée comme une pécheresse publique ou une prostituée. Au fil des siècles, on a transformé Marie de Magdala en convertie repentante du « péché de la chair » à cause de l’image de tentatrice, de séductrice attribuée à la femme.

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Juliette Récamier - 2 -

Publié le par Perceval

En 1799, Récamier offre à Juliette un hôtel particulier. Les visiteurs s'extasient sur le raffinement du mobilier, l'agencement des jardins... Six années suivront ponctuées de nombreuses réceptions et de distractions sans cesse renouvelées, parties de campagne, spectacles, concerts.

Autour d'elle se regroupe , en cet hiver 1799, un échantillonnage complet du Paris, d'alors : des financier, des hommes politique, Fouché; des militaires, Junot  Bernadotte , des amis plus proches, Eugène et Hortense de Beauharnais , les soeurs de Bonaparte.

Juliette a le génie de concilier les contraires. C'est pourquoi on rencontre aussi, chez elle, des nobles émigrés qui se réinsèrent dans la société comme Adrien de Montmorency et son cousin Mathieu qui seront ses amis les plus proches, les plus aimés.

La beauté et le charme de Madame Récamier lui suscitèrent une foule d’admirateurs. Elle fut l’une des premières à se meubler en style « étrusque » et à s’habiller « à la grecque », sous le Directoire, et joua de ce fait un rôle non négligeable dans la diffusion du goût pour l’Antique qui allait prévaloir sous l’Empire.
En 1802, elle se rend en Angleterre, où elle arrive auréolée d’une renommée internationale. Elle séduit par son apparente ingénuité, elle repousse les avances de ses soupirants sans pour autant les rebuter tout à fait.

C'est de cette époque que datent les deux célèbres portraits de Juliette.

Le premier, peint (commencé en 1800 ) par David restera inachevé car le peintre lui écrit que "quelque chose lui résiste" et il abandonne. 

David._Madame_Recamier.jpgMadame Récamier, née Julie (dite Juliette) Bernard (1777 - 1849) . Jacques-Louis DAVID. 1800

Le peintre représente Juliette en patricienne, le regard distant, dans une composition digne d'une de ces fresques alors dégagées à Pompéi. Le modèle n'apprécie pas, et David semble se lasser de ses exigences

Le tableau, inachevé, est plus dépouillé, la pose plus pudique, la robe à l'antique est moins révélatrice du corps. La coiffure est courte et bouclée, un ruban noir ceint le front ;  il y a chez David plus de malice dans le demi sourire de la jeune femme. 

*****

Le second portrait ( 1805) est l’œuvre d'un disciple de David, François Gérard, élève du grand peintre néoclassique, il exécute un portrait autrement plus léger...

Francois-Gerard---Madame-Recamier.jpgLe portrait de Madame Récamier, peint par François Gérard (1770-1837) , est l’un des plus beaux tableaux du musée Carnavalet.

Il représente une jeune femme, au corps parfait, dans une robe blanche très dénudée, une souple étole jaune, sans autre bijou que la flèche d'Eros fiché dans sa chevelure.

Le modèle est représenté dans une pose alanguie, allongée sur une chaise « étrusque », dans un décor qui rappelle celui d’une salle de bain antique. « La vérité ne peut aller plus loin, écrit un journaliste du temps, et elle est si séduisante pour l’œil et pour l’imagination qu’elle produit tout l’effet de l’idéal. »

*****

Enfin, certains pensent que c'est Joseph Chinard, qui a le mieux saisi le doux charme de ce visage, mobile et espiègle... 

Joseph-Chinard-mme-Recamier1805--1.jpg Joseph-Chinard-mme-Recamier1805--2.jpg

"De face, c'est une réserve pudique d'accord avec l'attitude gracieuse est presque enfantine […] ; de profil, avec des nuances diverses, le nez mutin aux narines un peu relevées, le léger sourire qui flotte sur les lèvres, ont un je ne sais quoi de piquant sinon de provocant, qu'accentuent l'écharpe transparente, la gorge et le sein dénudé". Édouard Herriot décrivait ainsi le charme ambigu mais bien réel de l'œuvre la plus célèbre de Joseph Chinard, qui est en même temps l'un des meilleurs portraits de Juliette Récamier à l'apogée de sa beauté, réalisé quelques années avant le non moins célèbre tableau du baron Gérard (1805) conservé au musée Carnavalet. C'est vraisemblablement au cours d'un de ses séjours à Paris en 1801 ou 1802, quand il logeait chez les Récamier, que Chinard éxécuta le modèle en terre d'après lequel il sculpta ensuite à Carrare en 1805 ou 1806, le marbre du musée de Lyon.

 

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Juliette Récamier -1-

Publié le par Perceval

Je ne sais trop que penser, de ce qu'il semble être de la part de Juliette de Récamier, une stratégie d'image. Femme de goût, elle semblait naturel de se faire admirer, et combattait toute réputation sulfureuse, pour préférer celle de la muse. Elle inspira les personnages d'Antigone de Ballanche, ou de Léonie de Chateaubriand ( par exemple )… mais refuse de se reconnaître dans certains portraits trop idéalisés, trop grecs … ( Juliette qui devient Béatrice, sous le ciseau de Canova, Juliette en Sapho ( Fragonard ), David ...etc)

Nombre de soupirants ont d'ailleurs, été très sensibles à l'ambivalence d'une personnalité qui allie » le double enchantement de la vierge et de l'amante » ( Chateaubriand)

Aussi, «  l'image de Juliette de Récamier » est sans doute le principal sujet (et le plus intéressant) , concernant cette femme.

 

Juliette Récamier (1777-1849) , aussi intelligente que belle, est l'une des femmes les plus célèbres du Consulat et de l'Empire. Elle éblouit, elle séduisit, elle enchanta, tout en restant inaccessible aux plus flatteuses conquêtes.

salon de juliette de Récamier

Femme d'esprit, son salon réunit des proches, parmi lesquels René, vicomte de Chateaubriand, son seul véritable amour; Germaine de Staël, sa meilleure amie (qui lui gardait une chambre particulière à Coppet);

GERARD-Corinne-.jpg

François Gérard (1770-1837)

 Corinne au cap Misène, 1819-1821

Le tableau a été commandé en 1818 par le prince Auguste de Prusse et par Juliette Récamier, pour rendre hommage à leur amie Madame de Staël qui venait de mourir. Auguste et Juliette demandent au peintre d'illustrer un épisode d'un livre de Madame de Staël, Corinne ou l'Italie.

C'était le roman dont ils se sentaient le plus proche : le livre a été publié en 1807, l'année où ils se sont rencontrés. De plus, l'amour impossible entre les deux héros, Corinne et Oswald, leur rappelait sans doute leur propre histoire.

Une fois le tableau terminé, Auguste de Prusse l'offrit à Juliette Récamier qui l'installa chez elle à l'Abbaye-aux-Bois, en souvenir de leur histoire d'amour.

André Marie Ampère et son fils Jean-Jacques, celui-ci éternel amoureux de l’hôtesse; Bertrand Barrère de Vieuzac, le maréchal Masséna, Eugène de Beauharnais, Claire Kersaint, duchesse de Duras; le célèbre dandy anglais George Brian Brummell, Adolphe Thiers, Eugène de Beauharnais, Louis-René, prince et cardinal de Rohan; Bernadotte, futur roi de Suède; lady Georgiana, duchesse de Devonshire; le général Moreau, Paul de Noailles qu’elle fit entrer à l’Académie; Chrétien de Lamoignon de Malesherbe, Louis David et François, baron Gérard, peintres; Élisa Bonaparte, Lucien Bonaparte; la comtesse de Boigne, Astolphe Louis Léonor, marquis de Custine; Joseph Fouché, duc d’Otrante; Isabelle Madeleine de Chastenay Lanty, née La Guiche; Étienne Denis, baron puis duc de Pasquier, chancelier de France; Jean-François de La Harpe, Jérôme Lefrançois de Lalande, astronome; Charles Forbes, comte de Montalembert; la poétesse Marceline Desbordes-Valmore, Prosper Mérimée, Auguste Viesse Marmont, duc de Raguse; Charles-Augustin Sainte-Beuve, Sir Humphrey et Lady Davy, Charles Fox, Wilhelm, baron von Humboldt; le duc d’Hamilton, Delphine Gay, François-Joseph Talma, la comédienne Rachel (Élizabeth Rachel Félix), Pierre-Simon Ballanche, Benjamin Constant, Alphonse de Lamartine, Félicité de Lamennais, François Arago, Honoré de Balzac, Victor Hugo, Eugène Delacroix, Alexis de Tocqueville, Alfred de Musset, Henri Beyle, dit Stendhal et Mme de Genlis.

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Portrait-de-Juliette-recamier.jpg

Firmin Massot (1766-1849) "Portrait de Juliette Récamier" (c. 1807) musée des Beaux-Arts de Lyon (Rhône, France)

 

Juliette était était la fille unique d'une « famille élargie » très singulière, cultivée et habile dans les affaires, enracinée à Lyon. Tous les membres de cette tribu était soudée autour de Juliette, et de son « secret » : sa mère marie Julie Bernard, son père putatif Jean Bernard, son père probable le banquier Jacques Rose Récamier, auxquels se joignirent Paul David un cousin, et le théosophe lyonnais Ballanche, attiré dans l'orbite de Juliette en 1812.

Tous respectèrent en la jeune fille un naturel moral digne de la Julie de Rousseau.

La décision que prirent sa mère et ses pères, en 1793 - en vue d'assurer son avenir matériel au cas où la 'famille', entachée de royalisme , serait victime de la terreur -fut de la marier, à 15 ans, au banquier Récamier ( 42 ans) , son père probable. Cette décision fut la pierre angulaire de toute son existence. Ce mariage endogamique, mais non incestueux, resta évidemment blanc. Son mari continua de mener sa vie privée hors de son foyer mais il lui donna son nom, sa fortune et sa protection. 

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