Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

La Femme ( Rose V. ) et Paul Claudel

Publié le par Perceval

Extraits de Paul Claudel de Marie-Josèphe GUERSP Claudel de M J Guers

Page 89 … à 100 :

 

«  En face de cette jeune femme, à la beauté épanouie, d’un naturel apparemment conquérant, libre de pensée et de mœurs, le Paul Claudel de trente-deux ans, vierge et passionné, était une proie facile.

Il souffrait de se reconnaître comme un « pharisien sous sa forme la plus mesquine »… «  un avare, un égoïste, un sucré, un rétréci, un dur, un confit, uniquement préoccupé de lui-même ; parfaitement insoucieux et incurieux du prochain. ».


claudel à l'époque de Rose" En octobre 1900, quand il s’est embarqué sur l’Ernest Simons, Claudel était plus seul qu’il n’avait jamais été. Déraciné volontaire, il se sentait retranché de tous et de tout. (…) Il croyait avoir trouvé sa voie dans le sacerdoce, il venait d’échouer dans sa tentative d’engagement vis à vis de Dieu. (…) Il avait renoncé au sacerdoce, mais Dieu continuait à l’empli de sa présence.. Quand a surgi la Femme, Claudel vivait une période particulièrement éprouvante de son existence… (… ) L’irruption brutale de l’amour pouvait, seule, lui révéler à lui-même l’être qu’il était et qu’il ignorait, à la sensualité plus insatiable qu’il ne pouvait le concevoir. Claudel se savait épicurien, mais considérait jusqu’alors cette tendance comme un handicap dont il lui fallait se libérer. (…) Jusqu’à trente deux ans il s’était si bien ingénié à brimer sa nature profonde qu’il n’a pu maitriser ni endiguer la violence de l’exigence sensuelle qui s’est déclenchée en lui avec la rencontre de la femme. Il céda presque immédiatement à son attirance pour Rose Vetch et vécut avec elle une aventure amoureuse passionnée qui métamorphosa l’homme comme le poète.A bord de l'Ernest Simons


Il faut comprendre qu’elle était sa conception de la femme pour imaginer de quelle manière Claudel a pu vivre cette relation avec Rose Vetch. ..


L’Influence livresque avait précédé chez lui l’expérience vécue…Inspiré des écritures saintes … issue de l’homme, la femme est une créature dépendante de lui : «  toute femme a besoin d’un homme pour se réaliser »… «  vase immémorial »… Claudel se représentait le désir masculin comme la traduction de cette infirmité de l’homme et de son aspiration fondamentale à l’unité. Cette dépendance réciproque lui apparaît comme dramatique ( dans son accomplissement )… Cette «  entre-possession » spirituelle et charnelle lui paraissait celle de l’égoïsme et de la jalousie. … Représentant ce qui manque à l’homme, la femme est destinée à tenter l’homme. Son corps en est l’instrument essentiel.


Le simple fait d’assister en spectateur à une scène où la femme « impose » à l’homme une caresse faisait se révulser tout son être et un « frisson glacé » lui parcourait la colonne vertébrale. (…) Si le poète haïssait la féminité, c’est d’une haine qui traduisait une tentation constante, inavouée et même désavouée, mais plus puissante que son vouloir. (…)  La femme gêne et tente… Elle empêche à tout jamais l’homme qu’elle a séduit de se passer d’elle désormais, de se libérer. Elle le prive de choses plus hautes et plus idéales que l’homme croit qu’il aurait pu réaliser sans elle.

 

Après quatre années de « scandale »… Il fut décidé que Rose ( enceinte des œuvres de Claudel ) reprendrait le bateau pour l’Europe, où quelques mois plus tard il la rejoindrait. Le 4 août 1904 Mme Vetch embarquait. A l’automne, elle débarquait à Bruxelles. C’est alors que brusquement elle cessa de donner signe de vie… !

L’amour qu’il a éprouvé pour Rose a été un moment si intense, absolu, déchainé, que le poète chrétien a pu écrire : «  et au dessus de l’Amour /  Il n’y a rien / et pas même Vous-même : Dieu.»

 

Sa façon de vivre son amour, et plus tard de le peindre, n’a été si tragique que parce que ce Gustave-Courbet--1819-1877---Femme-nue-or-Woman-with-a-Parr.jpgdrame faisait éclater en lui un conflit âme-corps essentiel et qui a existé toute sa vie à l’état latent. Longtemps Claudel était demeuré déchiré entre les appétits du corps et les impératifs de l’âme. Il désirait la Femme dans sa chair, dans son cœur, tout en ayant la certitude d’agir en imposteur, en traître par rapport à sa foi. ( …) L’âme est selon lui l’essence de l’être, «  cela pour qui le corps humain est ce qu’il est, son acte, sa semence continuellement opérante ».

Gustave Courbet (1819-1877), Femme nue

 

 

La chair, ou plutôt «  le besoin génital et l’appareil qui lui sert d’organe », serait une espèce de greffe, «  quelque chose comme un cancer », une gangrène à l’homme tellement bien accrochée qu’elle finit par s’incruster au plus intime de lui. ( .. ) L’intention de l’âme est «  cette attention à Dieu à la fin de quoi il l’a destinée ». Le désir sexuel qui fait naître la convoitise est au contraire «  quelque chose de nous et qui n’est pas nous », «  ne nous sert pas vraiment », mais nous exploite, «  vit de notre mort et a d’autres fins que les nôtres. » …

 

Ces six mois entre août 1904 et février 1905 ont consisté en interrogations, en remords et en attentes : attentes de nouvelles, attentes de retrouvailles que le fonctionnaire voulait croire proches. Le calvaire de Claudel tenait surtout au fait que, habité par un amour brûlant qu’il ne savait maîtriser, il commençait à le concevoir comme un péché uniquement. ( …) L’obsession de cette femme hantait Claudel, et la voix de Dieu ne pouvait étouffer celle de l’amour humain…. A cette époque, plus que jamais, le chrétien a eu le sentiment que, «  par l’amour épouvantable d’un autre », Dieu punissait en lui quelque chose.

Le mensonge, c’était désormais l’amour, puisque, le 24 février 1905, il apprenait qu’il ne retrouverait ni Rose Vetch qui avait choisi de vivre avec un certain M. Lintner, ni la fille qu’il venait d’avoir de son union illégitime avec Rose….

… se situe le moment le plus violent de la grande crise vécue par Claudel. «  seul dans le pressoir » …  « le goût de la mort entre les dents, l’envie de vomir … ». A cinq ans de l’offre qu’il avait faite de lui-même à Dieu ( Ligugé ), Claudel aggravait sa faute en renonçant, durant six mois, à l’amour de Dieu, en cessant de pratiquer, en cessant même de croire.

(… )M-J-GUERS.jpg

Pour trouver la raison d’être de cette révélation de l’amour humain source d’errances, de péchés, de sacrilèges et de trahison, Claudel a dû remonter à la cause, à l’origine, à Dieu. ..(…) l’amour humain semblait s’opposer à l’Amour divin. ( …) Le premier problème qu’il avait à résoudre était le pourquoi de la tentation et du désir…. Pourquoi la satisfaction de ce désir devait-elle impliquer la souffrance ?

( …)

M.J. Guers ->

C’était justement dans la mesure où Dieu avait donné à l’homme la chance d’aller jusqu’au bout de péché qu’il le sauvait. Ce n’est qu’à l’époque du soulier de satin, entre 1919 et 1924, que Claudel a compris que le péché était inévitable, nécessaire, bénéfique. « Avertissement de sa faute » , il est aussi pour l’homme «  l’un des instruments de son salut »… là où le péché était à profusion, la grâce l’était aussi.

Voir les commentaires

Marie-Josèphe Guers présente "Paul Claudel"

Publié le par Perceval

Discussion autour de la biographie de Paul Claudel par Marie-Josèphe Guers

Apostrophes - 29/04/1988

Marie-Josèphe GUERS présente son ouvrage "Paul Claudel", première biographie de l'écrivain, et en débat avec deux des invités de Bernard PIVOT, Roger STEPHANE et Jacques BROSSE. Ses propos sont illustrés d'une interview de Paul CLAUDEL tirée d''un "Lectures pour tous" du 27 mai 1954.

 


 

 

Voir les commentaires

Jean Rhys, et Paris vers 1920 ...

Publié le par Perceval

J'aime beaucoup cette photo...  Qui est-ce?

  jean Rhys color

 

Jean Rhys (1890-1979), fille de la Dominique où elle vécut jusqu'à 16ans, est surtout connu pour son roman "La prisonnière des Sargasses".

 

A Londres, comme elle était jolie, elle fut «chorus girl» dans un théâtre de second ordre. Elle détesta l'Angleterre qui lui parut un lieu hostile, laid, sale, dépourvu de toute chaleur, où elle connut les hôtels miteux et, surtout, elle eut froid.

A Paris, elle mena une vie de bohème. Dans "Rive gauche", elle décrit un monde de marginaux, comme elle pouvait l'être vis à vis de ses coreligionnaires écrivains...jean rhys peggy


Elle ne fréquentait ni les cafés, ni les librairies. Elle craignait la passion des hommes, pourtant elle en épousa trois ...  dont deux firent de la prison. Elle quitta son mentor et éditeur quand il tomba amoureux d'elle.

jean-rhys-older.jpg

Elle parcourait les quartiers mornes et misérables, et visitait son mari incarcéré pour traffics d'objets d'art ...

Paris attirait cette femme et engendrait chez elle une forme extrême de lassitude ...

 

<- Jean Rhys, agée.

 

 

 

C'est le moment de découvrir quelques photos de Paris entre 1920 et 1930 ..

par exemple grâce à Eugène Atget (1856-1927) ...

 

Eugene-Atget-2.jpg
 La démarche du photographe participe d’une volonté de créer un catalogue des monuments et rues du vieux Paris

 

Eugene-Atget-1.jpg
 Vers 1897-1898, à l’époque où est créée la Commission du Vieux Paris, E Atget entreprend de photographier systématiquement les quartiers anciens de Paris appelés à disparaître ainsi que les petits métiers condamnés par l’essor des grands magasins.

 

atget_prostitute.jpg
À sa mort en 1927, Bérénice Abbott achète photographies, albums, répertoire et négatifs qu’elle prête pour des expositions et des livres. En 1968, elle vend sa collection au Museum of Modern Art de New York.


Voir les commentaires

Abélard, théologien, et Héloïse son amante et épouse.

Publié le par Perceval

Abélard et HéloïseAbélard,  (1079–1142) philosophe et théologien, et Héloïse, (1095–1163) son amante et son épouse.

"En doutant nous venons à la recherche, en cherchant nous percevons la vérité"
Pierre Abélard, prologue du "sic et non"

 

Héloïse, orpheline, a passé toute son enfance a étudier au monastère d'Argenteuil (Val-d'Oise) puis à Paris, où elle était sous la garde de son oncle Fulbert, chanoine à Notre-Dame de Paris.

Son oncle, engagea Abélard  comme professeur ,sans doute flatté par sa réputation, et le logea chez lui… Une liaison s'engagea entre le professeur et son élève, liaison qu'ils ne parvinrent guère à tenir secrète. Abelard HeloiseHéloïse tomba enceinte et, cachée à la campagne, accoucha d'un fils: Pierre Astrolabe. La famille d'Héloïse chercha une dernière vengeance en châtrant de force Abélard.


Condamnés à la chasteté, Abelard tente de convaincre Héloïse qu’ils ne leur reste plus que l'espoir de s'unir dans l'amour divin en prononçant leurs voeux.

"Sa beauté et l'étendue de son savoir la rendaient supérieure à tout son sexe. Cette qualité si rare chez les femmes ajoutait encore plus d'attraits à sa grâce, aussi son nom était-il déjà répandu dans le royaume. La voyant donc parée de toutes les séductions qui d'ordinaire attirent les amants, je songeai à une liaison galante, et je crus pouvoir réussir facilement.

(...)

Pour tout dire en un mot, nous fûmes réunis d'abord par le même toit, puis par le coeur. Héloïse et Abélard BSous le prétexte d'étudier, nous étions tout entiers à l'amour. Loin de tous les regards, notre amour grandissait. Les livres étaient ouverts, mais il y avait plus de paroles d'amour que de leçons de sagesse, plus de baisers que de philosophie, et mes mains revenaient plus souvent au sein d'Héloïse qu'à nos livres; l'amour se réfléchissait dans nos yeux plus souvent que la lecture ne les dirigeait sur les pages des auteurs. Pour mieux éloigner les soupçons, j'allais jusqu'à la frapper... coups donnés par amour et non par la colère, par la tendresse et non par la haine, et plus doux mille fois que tous les baumes qui auraient pu les guérir. Que vous dirais-je ?  Dans notre ardeur, nous passâmes par tous les degrés de l'amour; aucun raffinement ne fut oublié."


Pierre Abélard - "Histoire de mes malheurs" 

 


Héloïse et Abélard 7Héloïse rentrera, sur l’ordre d’Abélard et par amour, au monastère bénédictin d'Argenteuil, là même où elle a passé son adolescence. Bien que moniale sans vocation, elle deviendra prieure de ce monastère. Suger qui en convoite les revenus expulsera, sous un mauvais prétexte, Héloïse et ses compagnes. Elles trouveront refuge au Paraclet. Épouse fidèle, Héloïse n'aura jamais cessé d'aimer Abélard comme leur correspondance le montre. Bientôt abbesse d'un couvent qu'elle a su rendre prospère, elle  l'administrera jusqu'à sa mort en véritable fondatrice d'ordre.

 

Lettres d'Héloïse:

«  J’en prends Dieu à témoin, … le nom de courtisane avec vous m’aurait paru plus doux et plus noble que le nom d’impératrice avec l’empereur Alexandre. »


«  Ah, c’est la concupiscence plutôt que la tendresse qui t’a attaché à moi. C’est l’ardeur des sens plutôt que l’amour. Et voilà pourquoi une fois tes désirs éteints toutes les démonstrations qu’ils inspiraient se sont évanouies avec eux. »


Héloïse et Abélard C«  Ce n’est pas seulement ce que nous avons fait, ce sont les heures, les lieux qui sont si profondément gravés dans mon cœur avec ton image que je me retrouve avec toi aux mêmes lieux, aux mêmes heures, faisant les mêmes choses. Même en dormant, je ne trouve pas le repos. Parfois, les mouvements de on corps trahissent les pensées de mon âme, des mots m’échappent. »


«  Je brûle de toutes les flammes qui attisent en moi les ardeurs de la chair. »


« Les plaisirs amoureux qu'ensemble nous avons goûtés ont pour moi tant de douceur, qu'y compris durant la messe quotidienne, des images colorées assaillent ma pauvre âme, et loin de renier mon amour, je pense désespérée que je ne pourrai plus jamais m'y livrer à nouveau »

heloise and abelard

« Je devrais gémir des fautes que j’ai commises et je soupire après celles que je ne puis commettre. »


«  C’est à toi, bien plus qu’à Dieu que j’ai le désir de plaire. »


Elo et Abelard visages

 

 

 

 

 

 

 

 

Inhumée au Paraclet, elle demandera avant de mourir que son corps soit déposé dans le tombeau de celui qui fut sa raison de vivre…  Ils furent réunis en 1817 : le maire de Paris, décida de faire transférer leurs cendres dans le cimetière du « Père Lachaise «  à Paris.

Voir les commentaires

Gisèle Freund 1908-2000

Publié le par Perceval

Gisèle Freund est née dans les environs de Berlin, le 19 décembre 1908 dans une famille aisée d’origine juive allemande. Elle entreprend des études de sociologie et d’art. Elle fait connaissance de Walter Benjamin, célèbre philosophe avec qui elle entretient des rapports d’amitié.Freund-Gisele 1929

Engagée dans les jeunesses socialistes, elle  quitte Francfort, pour fuir à Paris.

 

« À cette époque, j'avais une vingtaine d'années et j'étudiais la sociologie et l'histoire de l'art. Pour payer mes études, j'avais commencé à faire des reportages photographiques et des portraits, grâce à un petit Leica que mon père m'avait offert quelques années plus tôt. Je ne me doutais pas, à ce moment-là, que la photographie deviendrait mon Gisèle Freund Portraitmétier.» Extrait de « Trois jours avec Joyce » de Gisèle Freund chez Denoël éditeur.


Elle choisit, par passion, de faire des portraits d’écrivains qui devenus célèbres lui apportent une reconnaissance internationale.

Elle rencontre Adrienne Monnier et Sylvia Beach. Adrienne Monnier,  militante féministe, figure de proue du milieu littéraire, va beaucoup l’aider ; elle devient son mentor.

Elle photographie André Malraux, qui va obtenir le Goncourt avec la Condition Humaine, puis Gide, Pasternak et Aldous Huxley.

Elle collabore auprès de Life dès 1935


1936, elle  se marie avec Pierre Blum et obtient la nationalité française par naturalisation. Elle soutient sa thèse, avec l’aide d’Adrienne Monnier, qui l’aide à la traduire en français.

Elle rencontre et se lie d’amitié avec Paul Valéry, James Joyce, Ezra Pound, Ernest Hemingway, Francis Scott Fitzgerald, André Gide, Nathalie Sarraute, André Breton, et Jacques Prévert, vont lui permettre de réaliser ses premiers portraits en couleur, grande première dans ces années d’avant guerre. Romain Rolland, André Breton, et Jean-Paul Sartre voient ainsi leurs portraits couleurs projetés en grand.

Gisèle Freund André Gide et Mme Rysselbergh

On peut citer encore : Louis Aragon, Walter Benjamin, Jean Cocteau, Colette, Marcel Duchamp, T.S. Eliot, André Gide, James Joyce, André Malraux, Elsa Triolet, et Paul Valéry, Virginia Woolf, Vita Sackville-West.


Le 8 mai 1939, son portrait de James Joyce fait la couverture de l’édition du Time américain, avec un portrait en couleur réalisé en Kodachrome, à l’occasion de la sortie du livre « Finnegans Wake ».

Elle travaille également pour le ministère de l'information du gouvernement de la France Libre. 1946, après un exil forcé, Gisèle Freund rentre à Paris. Elle présente ses photos dans une exposition consacrée à l'art sud-américain, qui donne lieu à un livre, puis repart en Patagonie -Terre de Feu pour le compte du Musée de l'Homme et le ministère de l’information. Elle en ramène des photos de paysages, et un film en couleur.

Gisèle Freund André Malraux avant de partir pour l’EspElle  est la première femme à rejoindre l'agence Magnum en 1947, à l’invitation de Robert Capa. Elle voyage aux Etats-Unis, au Canada, et en Amérique latine, au Pérou en Equateur, en Bolivie et au Brésil.

Elle divorce en 1948.

 

Elle réalise un reportage sur Evita Perón en 1950, publié par Life, qui fait scandale, ses photos montrant le faste de celle qui devient la femme du président argentin. Il s’ensuit un incident diplomatique avec le gouvernement Argentin.
Elle continue à faire des portraits, notamment d’Henry Miller, de Tennessee Williams, de John Steinbeck, d’Alexandre Soljenitsyne, de  Le Corbusier, de Marguerite Duras, d’Henri Matisse, ou de Pierre Bonnard.

En 1968, elle est la première photographe invitée à exposer au Musée d'art Moderne de Paris.

1977, elle publie « Mémoires de l’œil » aux éditions du Seuil, et devient la présidente de la Fédération française des associations de photographes créateurs. Elle prend position pour une plus grande reconnaissance de la photographie en France.

Gisele Freund and Jessica Backhaus, Paris, 1996

1981, elle est choisie pour réaliser le portrait officiel du président François Mitterrand. Elle raconte: « Je savais qu’un de ses fils venait d’avoir un enfant. Est-ce une fille ou un garçon ? Il a souri... J’ai appuyé ».

Elle fait don à l’état Français de plus de deux cent photographies peu de temps avant son décès à l’âge de 91 ans le 30 mars 2000 à Paris.

 

Gisele Freund and Jessica Backhaus, Paris, 1996 

Voir les commentaires

Eve, et Adam

Publié le par Perceval

Adam n’aurait-il pas pu croquer « la pomme" en premier … ? Sans doute que non, si  les eve-the-serpent-and-death-hans-baldung-grienrédacteurs ( conteurs ) ne l’ont pas voulu ainsi … !

Au début, donc, Eve est sur le devant de la scène. La première femme, et mère du « genre humain » dans sa totalité… !

Avant ce début, l’Adamah ( l’humain ) n’est pas sexué.  Il n’est pas bon pour cet humain d’être seul. Selon le mot hébreu, «  Elle »  n’est pas une aide, mais un « secours ». Ensuite le mot utilisé n’est pas « la côte » , mais le «  côté ». Enfin, celle qui deviendra Eve, est similaire à l’homme, tout en étant autre ; aucun ne maitrisant leur origine. Elle est ’iShaH’ tandis qu’il est ‘YSh’.


 ... En la voyant, l'homme s'écrie :
 «os de mes os, chair de ma chair,

 celle-ci, on l'appellera femme
 car c'est de l'homme qu'elle a été prise.»
(Genèse 2,23)

Catherine Billu Santenoise

Catherine Bllu santenoise La creation d eve

 

Il serait intéressant de réfléchir sur la manière dont se passe la première rencontre entre ces deux humains… ? Un seul parle, et semble accaparer l’autre ! Comment découvrir l’autre, sans en faire un autre soi-même… ?

Le serpent, même s’il s’adresse à la femme, parle aux deux… Serait-ce parce que la femme nourrit ? Enfin, c’est ensemble que leurs yeux s’ouvrent. L’homme n’est pas solidaire, dans ce qui apparaît être une faute!Palerme--Normanni--chapelle-palatine--creation-d-Eve

 

 

La limite transgressée, finalement, aboutit à faire de l’humain ce qu’il est. Voir dans notre situation «  un chute » du Paradis, n’a pour fonction, à mon avis, que de nous faire entrevoir notre véritable place, et notre origine … La liberté et la responsabilité, nous différencient fondamentalement des animaux, et c’est là notre grandeur, non pas, notre disgrâce  

La femme est nommée par Adam, Eve, ‘ HaWaH ‘ dans une forme ancienne de l'hébreu, ‘ HaWaH ‘ c'est-à-dire « la vivante » par l'homme.

Adam et Eve de Suzanne Valadon

 

 

 

Eve la compagne est célébrée par Adam, avec euphorie. « Elle » est l’altérité pour « Lui » . Ils se découvrent homme et femme, et sans cette différence, il n’y aurait pas de véritable «  relation » , c'est-à-dire l’accés au mystère de l'autre pour moi ?

 

<- peinture de Suzanne Valadon

Voir les commentaires

Artemisia Gentileschi : peintre de la renaissance.

Publié le par Perceval

Artemisia Gentileschi (1593 - 1652/1653), est la fille du célèbre artiste romain, Orazio

Artemisia affiche Expo
 Exposition au Musée Maillol

 

Gentileschi (1563-1639). Elle est sans doute une des premières artistes femmes à se faire reconnaître dans le monde artistique de la Renaissance - dominé par les hommes - . Elle fut la première femme à peindre des grands scénarios historiques et religieux.


Elle reçoit sa formation au début de son père, mais comme les académies d'art la rejette, elle continue d’étudier avec un amis de son père, Agostino Tassi.


Artemisia est violée par Tassi. Celui-ci promet d'abord de l'épouser pour sauver sa réputation, mais il ne tient pas sa promesse et le père d'Artemisia porte l'affaire devant le tribunal papal. L'instruction dure 7 mois, et l’on découvre que Tassi avait pour projet d'assassiner son épouse …

Le procés très médiatisé, constitue le thème central d'un film controversé français, Artemisia (1998), réalisé par Agnès Merlet.

’Artemisia Gentileschi (1593-1654) Susanna and the Elders  Artemisia Gentileschi (1593-1654) Judith et Holopherne 1612
 Suzanne et les vieillards

 Artemisia Gentileschi (1593-1654)

Judith et Holopherne 1612


Le traumatisme du viol et du procès ont des répercussions sur la peinture d'Artemisia…  Ses représentations graphiques sont sans doute des tentatives cathartiques et symboliques pour faire face à la douleur …

Les héroïnes de ses tableaux, en particulier Judith, sont des femmes puissantes en revanche sur de malfaisants mâles tels que le général assyrien Holopherne. Son style est fortement influencé par le réalisme dramatique et marqué par le clair-obscur de Michelangelo Merisi da Caravaggio (1573-1610).

Voir les commentaires

"Shakespeare and Company" et Sylvia Beach.

Publié le par Perceval

Derrière la grande histoire de la ‘ très célèbre ‘  petite librairie « Shakespeare and Company » ( à Paris ), il y a une femme : Sylvia Beach.sylvia beach 0

Shakespeare and Company aujourd'hui

Encore aujourd’hui, c’est un lieu anachronique, d’un autre temps . situé rue de la Bûcherie, mais en vérité quai Montebello.

M. Whitman a repris la librairie en 1951. A 95 ans, c’est actuellement sa fille prénommée Sylvia Beach (!), qui gère le lieu. Là il reçut la « beat-generation », Allen Ginsberg et Gregory Corso …

La boutique est truffée d'originaux, manuscrits et tapuscrits signés à la main par Anaïs Nin, qui adorait l'endroit et en parle joliment dans son journal parisien… Henry Miller, Lawrence Durrell, Allen Ginsberg, William Burroughs, etc…l’ont fréquentée.  Il y a peu, Paul Auster y donnait une lecture.

Sylvia Beach sur le seuil de sa librairie (Paris, 1936) G F

La librairie a ouvert ses portes en 1913. Sylvia Beach et Adrienne Monnier ( son amante ), s’occupaient de l’intendance des « expatriés » ; elles leur prêtaient des livres, tenaient leur courrier, envoyaient leurs travaux aux petits magazines et, le plus spectaculaire, a été l’édition en France de « Ulysse » de James Joyce ( 1922 ) livre interdit aux Etats-Unis dont personne ne voulait s’occuper … !

 

Sylvia Beach et Joyce

Dans « une fête » Ernest Hemingway fournit un excellent compte rendu de ce qui se passait au « Shakespeare and Company ». Il offre également le portrait de cette femme de Princeton qui a rendu tout cela possible: «Sylvia avait le visage fortement sculpté, les yeux bruns qui étaient aussi vivants qu’un petit animal et gaie comme une jeune fille, des cheveux bruns ondulés  (…) . Elle avait de jolies jambes.. Elle aimait faire des blagues et conter les ragots. Je ne connaît personne de plus agréable qu’elle … »

Sylvia Beach et James Joyce ->

 

 

Ernest Hemingway inside Shakespeare and Company (1921)Tous les écrivains américains de passage à Paris venaient voir Sylvia Beach, elle connaissait particulièrement James Joyce, TS Eliot, Ezra Pound, Scott Fitzgerald et Hemingway… Elle fréquenta Gide, Claudel, Valéry, Henri Michaux, et Nabokov… avec la présence charismatique de Gertrude Stein.

 

<- Hemingway


Shakespeare and Company a été contraint de «disparaître» pendant l'occupation. En effet ; Sylvia a refusé de vendre à un officier allemand une copie de Finnegans Wake de James Joyce, il était furieux et l’a menacée de confisquer le «tout». Avec l'aide de ses amis, elle décrocha toutes les photos et les porta avec les livres dans les paniers à linge à un appartement vacant au troisième étage. Un menuisier a démonté toutes les étagères, tandis qu'un peintre faisait disparaître le nom de Shakespeare and Company.

En 1945, Sylvia Beach raconte : «  alors qu’il y avait encore beaucoup de tirs dans la rue de l'Odéon, plusieurs jeeps se sont arrêtées en face de la maison…. J'ai entendu une voix profonde appeler: "Sylvia" "! Sylvia" Et tout le monde dans la rue entendit le cri d’Adrienne : « C'est Hemingway! C'est Hemingway! " J'ai couru, (… ), il m’a prise dans ses bras et me balançait autour de lui, il m’embrassait alors que les gens dans la rue et aux fenêtres applaudissaient. »

James Joyce with Sylvia Beach at Shakespeare & Co Paris 192  sylvia beach 4
 James Joyce avec Sylvia Beach au Shakespeare & Co Paris 1920  Sylvia Beach.

 

« Shakespeare & company » de Sylvia Beach (Editeur : Mercure de France)

Scott Fitzgerald, mais aussi Gertrude Stein, James Joyce, Ezra Pound, Ernest Hemingway, Natalie Sarney, André Gide, Valery Larbaud, Léon-Paul Fargue, Paul Valéry, Sergueï Eisenstein, George Gershwin, Erik Satie... Écrivains anglo-saxons, auteurs français avides de découvrir la littérature d'avant-garde, cinéastes, musiciens... Dans Shakespeare and Company, Sylvia Beach (1887-1962) brosse une galerie de portraits éclectiques, drôles et tendres. Déjà célèbres ou encore inconnues, toutes ces personnalités fréquentèrent la librairie qu'elle tenait rue de l'Odéon. Mêlant faits marquants de l'histoire littéraire et anecdotes personnelles, conversations érudites et bons petits plats, celle qui fut l'intime d'Adrienne Monnier et l'éditrice d'Ulysse livre une chronique de la vie artistique foisonnante de l'entre-deux-guerres.

Voir les commentaires

Lola V. Stein, Duras et Delphine Seyrig ...

Publié le par Perceval

Ce sont les trois faces d’une même femme : Marguerite duras en 1969Marguerite Duras (1914-1996), Lol V Stein, et Anne-Marie Stretter (Delphine Seyrig). Et c’est toujours la même histoire, même si elle se répète inlassablement… C’est «  le ravissement de Lol. V. Stein », «  India Song » ou «  Hiroshima, mon amour »… ou encore « Baisers Volés, Adèle H , … mais si , mais si …

 


La blessure ne peut-être qu’irréparable : une blessure d’amour qui vaut toutes les blessures … qui ne peut se consumer que dans une Solitude absolue…KarinaMarandjian3

Duras nous raconte comment un soir d'été à T. Beach, six mois après la célébration de ses fiançailles avec Michael Richardson et à la veille de leur mariage, dans la salle de bal du Casino municipal. le fiancé de Lol V Stein trompe publiquement cette dernière avec Anne-Marie Stretter, son amie de collège. Lol V. Stein tourbillonne alors dans une immense douleur muette et invisible; elle sombre dans cette obsession de l'abandon. des années plus tard elle se marie, elle a des enfants ,ça c'est l'être social , mais sans cesse,

Anne-Marie Stretter (La séductrice) «avait la grâce abandonnée d'un oiseau mort, elle india songétait maigre, l'avait toujours été et revêtait cette maigreur d'un robe noire à double fourreau de tulle, à la souriante indolence de la légèreté d'une nuance, d'une cendre »

 

 

Comment remplir le vide ? Dans une attente infinie, explorer le corps, l’espace intérieur …

La douleur est invisible, alors montrer le vide des rues, l’étouffement de l’été… Elle colle, comme si, avoir été abandonnée était une faute et une honte..
Lola V Stein incarne cette volupté intérieure à ne pas être …

 

Dans "India Song",india song 2

On retrouve là Michaël devenu Richardson et Anne-Marie Stretter vieillie et toujours belle, toujours ravisseuse d'hommes. "C'est une femme du Nord, elle vient, elle passe, elle voit la mendiante et l'enfant dans les bras, mourant et dévoré par les vers, les lépreux dans l'odeur fade des lauriers roses, les poubelles et les mendiants, et elle voit et elle passe et elle meurt. » ( India Song ) 


Anne-Marie Stretter, c’est  Delphine Seyrig …


À Calcutta, dans les années 1930, Anne-Marie Stretter, l'épouse de l'ambassadeur de France danse avec son amant Michael, au cours d'une réception dans les salons de l'ambassade situé sur les bords du Gange. Dehors, dans la chaleur étouffante d'une nuit de mousson, retentit la plainte d'une mendiante affamée.
india-song DurasL'ex-vice-consul, déchu de ses fonctions pour avoir tiré sur les lépreux, contemple Anne-Marie Stretter, entourée d'hommes, puis lui déclare son amour et, après son refus, disparaît dans la nuit.

 

 

delphine-seyrig-Baisers Volés de Fr Truffaut 1968

 

 

 

 

Dans « Baisers Volés » Delphine Seyrig est l'incarnation de la femme romantique et inaccessible, mais aussi la représentation de la femme réaliste et maîtresse de son destin. 

Voir les commentaires

Nicolas et Claude de Lorraine ou L'histoire du 1er Avril ...

Publié le par Perceval

 Louis XIII et Richelieu faisait garder à vue dans le château de Nancy, le prince de Lorraine.

 

En effet Nicolas François, frère de Charles III, duc de Lorraine, refusa son évêché de Toul et le chapeau de cardinal par politique d’État, pour épouser à Lunéville, au mois de mars 1635, la princesse Claude, sa cousine germaine, fille de Henri II.

  Claude de Lorraine

Le prince, trompa ses gardes et sortit par une des portes de la ville, déguisé en paysan, portant une hotte pleine de fumier, de même que la princesse.Nicola françois de Lorraine

 

Il aurait simplement délibérément choisi la date du 1er avril 1634 pour s’échapper et "tromper les Français". En ville, au détour d’une ruelle, une jeune paysanne les reconnait, les dénonce auprès de la garde en criant: « On garde bien le nid mais les oiseaux sont envolés », à quoi les soldats français répondent en riant à gorge déployée « Poisson d’avril ! ».

Plus la paysanne jurait qu'elle disait la vérité, moins on la prenait au sérieux. Lorsqu'on s'aperçut de la réalité de l'évasion, les fugitifs étaient loin...

 

Commençait alors pour les fuyards une vie d’errance qui les mena à Florence, Munich, Vienne et enfin Venise où ils séjournèrent 18 ans. 

 

Ainsi s’acheva le règne de Nicolas-François qui fut duc de Lorraine et de Bar du 19 janvier au 1er avril 1634. Cette évasion fit dire au peuple que le roi avait donné à garder un poisson d’avril...  Quant à Claude de Lorraine, la brièveté du règne de son mari lui vaudra d’hériter des historiens le titre peu envieux de « duchesse fictive ».

 

cartes-postales-avril poisson  cartes-postales-femmes-autres-poissons-d-eau-douce-france


Voir les commentaires

<< < 1 2 3 > >>