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Le maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov – 1/.-

Publié le par Perceval

Attention …  Livre Culte !

En Russie, particulièrement sans-doute... Terminé en 1940, il ne sera publié dans son intégralité en URSS qu’en 1973.

 

Une scène est particulièrement évoquée et graphiquement représentée. Je commencerai cette multiple évocation, par cette scène emblématique entre le ''maître'' et Marguerite :

Le maître pourrait être Mikhaïl Boulgakov (1891-1940), lui-même... Je reviendrai sur la vie de l'auteur...

Ce livre est écrit sous la terreur stalinienne par un homme malade et désespéré.

Pour vous prévenir, sachez que les personnages de ce roman ''fantastique'' sont le diable,, un chat géant, Jésus et Ponce Pilate, la plus belle femme du monde.. des bureaucrates, toute sorte de russes et un écrivain suicidaire...

Dans une deuxième partie du livre, vous saurez que pour retrouver l'homme qu'elle aime, un écrivain maudit, Marguerite accepte de livrer son âme au diable.

Mais, avant, …

 

Elle portait un bouquet d'abominables, d'inquiétantes fleurs jaunes. Le diable sait comment elles s'appellent, mais je ne sais pourquoi, ce sont toujours les premières que l'on voit à Moscou. Et ces fleurs se détachaient avec une singulière netteté sur son léger manteau noir. Elle portait des fleurs jaunes ! Vilaine couleur. Elle allait quitter le boulevard de Tver pour prendre une petite rue, quand elle se retourna. Vous connaissez le boulevard de Tver, n'est-ce pas ? Des milliers de gens y circulaient, mais je vous jure que c'est sur moi, sur moi seul que son regard se posa – un regard anxieux, plus qu'anxieux même – comme noyé de douleur. Et je fus moins frappé par sa beauté que par l'étrange, l'inconcevable solitude qui se lisait dans ses yeux ! Obéissant à ce signal jaune, je tournai moi aussi dans la petite rue, et suivis ses pas. C'était une rue tortueuse et triste, et nous la suivions en silence, moi d'un côté, elle de l'autre. Et remarquez qu'à part nous, il n'y avait pas une âme dans cette rue. L'idée que je devais absolument lui parler me tourmentait, car j'avais l'angoissante impression que je serais incapable de proférer une parole, et qu'elle allait disparaître, et que je ne la verrais plus jamais. Et voilà qu'elle me dit tout d'un coup :
-Mes fleurs vous plaisent-elles ?
Je me rappelle distinctement le timbre de sa voix, une voix assez basse, mais qui se brisait par instants, et – si bête que cela paraisse – il me semblait que l'écho s'en répercutait sur la surface malpropre des murailles jaunes et roulait tout au long de la rue. Je traversai rapidement la chaussée et, m'approchant d'elle, je répondis :
-Non.
Elle me regarda avec étonnement, et je compris tout d'un coup – et de la manière la plus inattendue – que depuis toujours je l'aimais, j'aimais cette femme ! Quelle histoire, hein ? Naturellement, vous allez dire que je suis fou ?
[…]
- Oui, elle me regarda avec étonnement, puis au bout d'un moment, elle me demanda :
- Vous n'aimez pas les fleurs ?
Je crus déceler dans sa voix une certaine hostilité. Je marchais maintenant à côté d'elle, m'efforçant d'adapter mon pas au sien, et à mon propre étonnement, je ne me sentais aucunement embarrassé.
- Si, j'aime les fleurs, dis-je, mais pas celles-ci.
- Lesquelles, alors ?
- J'aime les roses.
Je regrettai immédiatement mes paroles, car elle sourit d'un air coupable et jeta son bouquet dans le caniveau. Je restai un instant déconcerté par son geste, puis je ramassai le bouquet et le lui tendis, mais elle le repoussa avec un sourire amusé, et je le gardai à la main.
Nous marchâmes ainsi quelque temps en silence. Puis tout à coup, elle me prit les fleurs des mains, les jeta sur la chaussée, glissa sa main gantée de noir dans la mienne, et nous nous remîmes en route côte à côte.
[…]
L'amour surgit devant nous comme surgit de terre l'assassin au coin d'une ruelle obscure, et nous frappa tous deux d'un coup. Ainsi frappe la foudre, ainsi frappe le poignard ! Elle affirma d'ailleurs par la suite que les choses ne s'étaient pas passées ainsi, puisque nous nous aimions, évidemment, depuis très longtemps, depuis toujours, sans nous connaître, sans nous être jamais vus, et qu'elle-même vivait avec un autre homme.

 

 

Vidéo :

Fragment du feuilleton Master & Margarita de Vladimir Bortko sous-titré en français.

Le maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov – 1/.-
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