Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La vie de Palace à Aix les Bains – 3/.- ''Le Lac'' de Lamartine

Publié le par Perceval

Abbaye d'Hautecombe, la nuit sur le Lac du Bourget

Il y a exactement 200 ans, naissaient sous la plume d'Alphonse de Lamartine (1790-1869) les strophes du célèbre poème "Le Lac". Nous avons effectué à cette occasion, une ''croisière'' nocturne sur le lac du Bourget nommée ''Les amants du lac ''. Sur les notes de "La Jeune Fille et la Mort" de F. Schubert interprétées par un quatuor de musiciens, dialoguaient les mots même du poète portés par un récitant... Ils nous ont fait revivre la force de l'amour et la douleur de la séparation. Un très beau moment romantique.

 

En Octobre 1816, Alphonse de Lamartine, dépressif, vient prendre les eaux et le bon air à Aix-les-Bains.. Il trouve dans ce décor, à la fois puissant et apaisant, le calme et le repos...

Lamartine fait la connaissance de Julie Charles, une pensionnaire malade qui fréquente les thermes : « un profil pur, pâle, transparent, encadré dans les ondes noires d'une chevelure lisse et collée aux tempes ».

Alphonse de Lamartine, de son nom complet Alphonse Marie Louis de Prat de Lamartine, né à Mâcon le 21 octobre 1790 et mort à Paris le 28 février 1869 est un poète, romancier, dramaturge français, ainsi qu'un homme politique qui participa à la Révolution de février 1848 et proclama la Deuxième République. Il est l'une des grandes figures du romantisme en France.

Jeune homme oisif et séducteur, Lamartine voyage en Italie et occupe une éphémère fonction militaire auprès de Louis XVIII.

Julie Charles (Paris, 1782 ou 1784 - Paris, 1817), née Julie Bouchaud des Hérettes, appartient à une famille de planteurs de Saint-Domingue, elle a épousé Jacques Charles, un célèbre physicien français. Lamartine fera passer sa muse à la postérité sous le nom d'Elvire.


 

Lamartine, donc, loge dans une pension en haut de la ville. Dans la chambre voisine réside une jeune femme, Julie Charles. Elle souffre de tuberculose pulmonaire, et se sait condamnée. Au cours d'un voyage à Hautecombe, sur le lac soudain en tempête, le poète sauve Julie d'une barque en perdition. Leur idylle éphémère et passionnée, plus désespérée qu'adultère, sera l'emblème de l'amour tel que le concevra le XIXème siècle.

 

Leur amour, scellé lors d'une tempête, est impossible car Julie est mariée.

Les deux amants font de nombreuses promenades en barque sur le lac du Bourget. Ils se réfugient dans la Grotte Bourdeau loin du monde et hors du temps.


 

Lamartine part le 26 octobre. Il revient à Aix l'été suivant 1817, fidèle à leur promesse commune, Lamartine vient retrouver Julie à Aix ; elle n'est pas au rendez-vous, trop malade pour faire le voyage. Le jeune homme est seul en ce mois de septembre ; il fait de longues promenades sur les lieux qui ont bercé leur amour et durant ces heures d'anxieuse attente, confie à sa plume sa mélancolie. Julie ne peut plus quitter Paris, elle meurt trois mois plus tard. 

"O Lac, l'année à peine a fini sa carrière, Et, près des flots chéris qu'elle devait revoir, Regarde, je viens seul m'asseoir sur cette pierre Où tu la vis s'asseoir !"

"Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire, Que les parfums légers de ton air embaumé, Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire, Tout dise : "Ils ont aimé !"

Ce drame inspire Lamartine, les vers les plus passionnés de ses '' Méditations poétiques ''. Le poème '' Le lac '' aborde un thème encore assez méconnu à l’époque; celui des sentiments personnels, il marque le premier manifeste du romantisme français. Lamartine incarne cette première forme de la liberté d’expression. De jeunes auteurs, comme Victor Hugo ou Alfred de Musset sont littéralement séduits par la musicalité et la richesse des rimes de ses poèmes extrêmement modernes pour l’époque. Ce recueil, et aussi le roman "Raphaël", feront d'Aix-les-Bains, dans l'esprit du grand public, le paysage romantique par excellence.

Aujourd'hui, après être passé devant la jolie mairie et, laissé sur la droite un petit kiosque à musique, on parvient place Carnot. Ses maisons élégantes aux crépis colorés, à la mode italienne, lui confèrent un visage attrayant. Sur la gauche, une parfumerie a remplacé la pension Perret, où Lamartine logea en 1820, 1823 et 1830.

En 1820 y furent négociées les clauses de son contrat de mariage avec Mary-Ann Birch, une Anglaise « pleine d'agrément ». Avec elle, il viendra en villégiature dans la belle villa Chevalley que l'on découvre au-dessus des thermes, facilement accessible par un sentier bien balisé. Hélas abandonnée (l'État propriétaire envisagerait d'en faire un centre culturel ou administratif...), cette bâtisse carrée, sans affectation, jouit d'une vue superbe sur les pentes d'Aix et sur le lac.

En redescendant par le nord, on emprunte le boulevard des Côtes, bordé de villas cossues. Au numéro 10 se dresse le musée Faure, justement réputé pour sa merveilleuse collection impressionniste. Au dernier étage de l'élégant bâtiment, reconstitution évocatrice de la chambre de l'écrivain à la pension Perrier.

 

Le recueil des Méditations est publié en 1820 et obtient un succès fulgurant. Lamartine épouse la même année Mary Ann Elisa Birch, une jeune Anglaise, et occupe des fonctions de secrétaire d'ambassade en Italie avant de démissionner en 1830.

Alphonse de Lamartine revient à Aix-les-Bains et séjourne plusieurs fois à Châtillon à l'été 1819, rencontre le baron Hyacinthe Rambert de Châtillon. C'est à cette même période, qu'il demande la main d'Elisa Birch. Le château inspire une des Méditations poétiques de Lamartine, « La Retraite ».


Des personnalités ont séjourné à Aix-les-Bains :

En 1811, Madame de Staël, lasse de Coppet, vient à Aix retrouver Madame Récamier, et Benjamin Constant qui devient son amant. 
En 1832, Alexandre Dumas Père croise Honoré de Balzac, qui écrit à Aix "Le Médecin de campagne". 


George Sand situe autour du lac du Bourget l'action de "Mademoiselle La Quintinie". 
Sous Napoléon III, Marie de Solms, exilée de Paris, tient salon littéraire. 
Guy de Maupassant vient à Aix, Verlaine aussi qui souffre d'arthrose du genou. Puis Puvis de Chavannes, Sarah Bernhardt, Saint-Saëns, Rachmaninov, Jean Moulin, Bergson, Edwige Feuillère, Claudel, Yvonne Printemps, Pierre Fresnay. 
Et qui n'a pas chanté là ? Mistinguette, Trénet, Montand, Line Renaud, Luis Mariano, Chevalier, Brassens, Piaf, Aznavour...

Mais la reine d'Aix-les-Bains, c'est la reine Victoria, qui venait là incognito sous le titre de Comtesse de Balmoral. Elle se plaisait tant à Aix, pour l'eau, pour le climat, qu'elle voulut en 1888 acquérir un domaine sur la colline de Tresserve pour construire une résidence. Ce projet ne se réalisa pas.

Commenter cet article