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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 13/. -

Publié le par Perceval

Si la Femme développe une puissance sexuelle illimitée, le sexe masculin craint de ne pas être ''à la hauteur'' ( On parle alors '' d'invalide de Cythère ''…). Cette impuissance est largement décrite dans les romans du siècle ; elle est ridicule. De plus, la sexualité masculine ne peut multiplier à l'infini les plaisirs …

« Tu sais que les femmes, avares de leurs plaisirs, veulent que leurs amants ménagent leurs forces et ne déchargent qu’à propos, j’ai toujours abjuré cette économie, parce que je trouve dans le nombre ce que je cherche ; je veux obtenir tout et sans réserve ; malheur à celui qui s’épuise ; un lieutenant l’a bientôt relevé : ces accolades demi-sèches, me donnent peu de plaisir, je crois alors être foutue par un eunuque. » ANONYME, Vénus en rut ou vie d’une célèbre libertine, Luxurville, 1771

La marquise dans le Diable au corps au sujet de l’un de ses amants, Tournesol :

« Tournesol, avant mon bail, était un véritable Hercule, ayant d’ailleurs toutes les grâces et la galanterie du beau monde de Paris. Après l’avoir eu pendant quelques mois, seule peut-être, ce qui n’était pas un médiocre triomphe pour ma vanité, j’eus la sottise (c’en était une insigne) de trouver mauvais qu’il n’eut plus pour moi la même ardeur… J’aurais dû me dire qu’un homme qu’on a mis sur les dents ne peut plus se ressembler ; mais j’avais l’injustice de le trouver coupable »…

(...)

« J’étais furieuse de ce qu’il n’avait pas apporté sur-le-champ cette ''immortalita del Cazzo'', dont la moindre propriété (car il fallut bien me les déduire) était de mettre l’homme le plus invalide en état de faire la douce chose deux ou trois fois d’une haleine. » Tournesol lui fait croire à que, grâce à « l’immortalita del Cazzo », un aphrodisiaque, il est le seul à posséder la comtesse de Mottenfeu ( connue pour sa lubricité) jusqu’à quatorze fois dans la même nuit ...

Dans les pamphlets, on oppose l’impuissance du roi, Louis XVI, et la puissance érotique de sa femme, Marie-Antoinette... Marie-Antoinette qui représenterait, par ailleurs, la peur de la castration ( politique, sexuelle ...)... Le sexe des hommes du peuple serait plus vigoureux que celui des aristocrates … !

Il y aurait aussi, la peur masculine du ''vagina dentata'' ( vagin denté) :

« Courage, mon ami, lui dis-je, et si tu veux me prouver qu’il te vient du coeur, ose poser là-dessus en signe de paix un baiser… » Pour le coup, il se releva tout de suite, et sauta plus de deux pas loin de moi… Je courus après lui : « Quelle enfance, lui dis-je ! crois-tu que cela t’aurait mordu ! » dit Lolotte au jeune Alexis ( Nerciat)

Le pouvoir des femmes lié à la puissance érotique, s'exerce dans l'ombre... Il peut être celui des aristocrates ; ou des ''patriotes''...

Une propagande contre la Reine Marie-Antoinette la représente, ici avec La Fayette, et lui prête une vie licencieuse

 

Julie philosophe ou le Bon patriote, attribué de façon incertaine à Nerciat et paru en 1791, Julie choisit ses amants en fonction de ses convictions patriotiques :

« On sera sans doute surpris qu’une femme aussi peu instruite ait entrepris une pareille tâche, et qu’elle y ait réussi complètement, mais ce fut justement à ma qualité de femme que je dus mon succès ; un adversaire plus redoutable eût probablement échoué ; […] et si, par la suite il sollicita la permission de venir prêter le serment civique, c’est à moi qu’on doit attribuer cette résolution. Comme j’étais instruite de tout ce qui se passait aux états généraux […] ».

« […] peut-être deviendras-tu la maîtresse d’un des membres des états généraux, et alors tu l’animeras de ton patriotisme, tu pourras même l’éclairer de tes conseils, lui suggérer des idées lumineuses et contribuer au succès des travaux importants de ces assemblées. »

Mirabeau choisit également Julie pour une mission en partie parce qu’elle est une femme :

« Julie, me dit-il, vous qui êtes une des plus zélés partisans de la liberté, vous pouvez rendre un grand service à ceux qui soutiennent la même cause. […] comme j’ai la plus grande confiance en vous et que d’ailleurs une femme n’est point suspecte en pareil cas, c’est sur vous que j’ai jeté les yeux pour cette mission, persuadé que vous ne me refuserez pas ce service. »

 

Il n'empêche, ce pouvoir reste pernicieux parce qu'il émane du ''sexe faible'' entièrement soumis à son corps et ses sens … Avec la menace de l'impuissance qui guette l'homme.

Margot sait tirer sa gloire du succès de son travail, en effet elle fait pleurer de joie l'instrument de Monsieur de Gr*** M***

« Ce fut alors que j’eus besoin de tout le savoir que j’avais puisé dans l’école de Madame Florence pour ressusciter cette masse informe, et la retirer de l’état d’anéantissement où elle était, insensible et rebelle aux secousses que je lui donnais, et au frottement de ses deux lâches témoins, que je pressais l’un contre l’autre ; je commençais à désespérer du succès de mon travail, lorsque je m’avisai, pour dernière ressource, de lui chatouiller le périnée, et de le socratiser du bout du doigt. L’expédient réussit à miracle. La machine assoupie sortant tout à coup de son repos léthargique se développa d’une façon si merveilleuse qu’il me parut qu’elle prenait un nouvel être. Alors, pour profiter de cet instant précieux, et couronner mon chef-d’oeuvre, je remuais le poignet avec tant de souplesse et de rapidité, que le monstre vaincu par les plus délicieuses sensations répandit un torrent de larmes dans l’excès de sa joie. »

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

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