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Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 11/. -

Publié le par Perceval

Le XVIIIe siècle : La femme et le libertin. - 11/. -

Le désir féminin :

Pour le XVIIIe siècle, la femme est un être entièrement soumis à son corps.

Margot dans le roman de Fougeret de Monbron : « Nous n’existons plus que par les sens... l’âme, en ces délectables instants, est, en quelque manière, anéantie »

L’âme se trouve donc déspiritualisée et conçue comme on ne peut plus corporelle, alors que sa localisation « varie selon l’âge, le tempérament, les conjonctures, et de là naissent la différence des goûts, la diversité des inclinations, et celle des caractères » :

« Ainsi, la femme voluptueuse est celle dont l’âme occupe le bijou, et ne s’en écarte jamais. La femme galante, celle dont l’âme est tantôt dans le bijou, et tantôt dans les yeux. La femme tendre, celle dont l’âme est habituellement dans le coeur ; mais quelquefois aussi dans le bijou. La femme vertueuse, celle dont l’âme est tantôt dans la tête, tantôt dans le coeur ; mais jamais ailleurs. » Les Bijoux indiscrets de Diderot

La marquise de Merteuil fait le portrait de Cécile Volanges :

« Elle dénote, surtout, une faiblesse de caractère presque toujours incurable et qui s’oppose à tout ; de sorte que, tandis que nous nous occuperions à former cette petite fille pour l’intrigue, nous n’en ferions qu’une femme facile. Or, je ne connais rien de si plat que cette facilité de bêtise, qui se rend sans savoir ni comment ni pourquoi, uniquement parce qu’on l’attaque et qu’elle ne sait pas résister. Ces sortes de femmes ne sont absolument que des machines à plaisir. »

L’héroïne des Galanteries de Thérèse, roman né de la plume de Bret et/ou de Villaret en 1745, reconnaît : « Un plaisir que je n’avais ni prévu ni désiré vint s’emparer de mes sens ; mon coeur, habituellement susceptible des impressions de la volupté, succomba machinalement à la force insurmontable du penchant qui m’entraînait. »

Le narrateur de Lucette ou les Progrès du libertinage feint de déplorer que « s’il est bien difficile à un homme de triompher de ses désirs, il l’est bien davantage à ce sexe que tout sollicite à suivre la nature et les plaisirs ».

Mais, il faut nuancer... Parfois l’excès et la satiété peuvent affaiblir le plaisir … Il existe aussi le plaisir de la résistance, pour laisser place au désir

« En me privant de ces plaisirs, que peut-être on exagère, je me suis préservée de mille craintes, et j’ai mis à l’abri ma réputation, et d’ailleurs de quoi ne me dédommage pas la gloire d’être aujourd’hui la seule femme qui puisse se vanter d’avoir goûté mille fois les plaisirs d’une défaite, et de n’avoir jamais été vaincue !

J’aurais pu connaître de plus grandes jouissances ; mais elles eussent été plus courtes et moins variées ; j’aurais pu, d’ailleurs, perdre ma réputation, j’aurais été tourmentée par des craintes continuelles » Julie ou J'ai sauvé ma rose de Félicité de Choiseul-Meuse.

« […] je pouvais bien renoncer à la félicité suprême, lorsque j’avais la gloire de la résistance ; mais lorsqu’on est privé du triomphe, il faut au moins trouver le plaisir. » La comtesse Félicité de Choiseul-Meuse, femme de lettres française, a publié entre 1799 et 1824, des romans passionnels à connotation érotique. Julie est une demoiselle qui arrive à sa trentième année après s'être livrée à un certain libertinage, sans cesser d'être vierge dans l'acceptation physiologique du mot.

Illustrations de Jean Adrien Mercier pour Les Egarements de Julie  Conte Moral. de Perrin Jacques Antoine René  

A suivre …

Sources : De la représentation au mythe : l'ambiguïtée féminine dans le roman libertin du XVIIIe siècle par Morgane Guillemet

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