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Marguerite de Valois – 14/- Le retour à Paris et la fin

Publié le par Perceval

Enfin, ayant reçu l’autorisation de rentrer, le 18 juillet 1605, Marguerite de Valois traverse Paris escortée par le petit duc de Vendôme. Le 26, Henri IV lui rend visite au château de Madrid et le lendemain, c’est Marie de Médicis. Marguerite est accueillie au Louvre et ovationnée par le peuple. Le 6 août, le Dauphin l’attend sur la route de Saint Germain. Eprise de ce petit garçon, Marguerite lui lègue tous ses biens et lui offre un Cupidon parsemé de diamants, assis sur un dauphin muni d’une émeraude et un petit cimeterre constellé de pierres.

Souvent atteinte de malaises et de dysenterie, elle a perdu de sa beauté, est horriblement grosse, s’habille en vieille femme, coiffée de cheveux blond filasse (empruntés à des valets pour en faire des perruques). En avril 1606, elle perd son jeune et cher écuyer Dat de Saint Julien qu’elle aimait passionnément et s’installe au Pré aux Clercs, la peste arrivant à Paris. En septembre, elle achète à Issy, la maison de Jean de la Haye, orfèvre du roi et se met à l’embellir, faisant des travaux dans le parc avec des statues et des fresques sur les murailles. Elle y accueille régulièrement le Dauphin qui reçoit en 1609 un cordon de pierreries de 3000 écus.

De retour à Paris en octobre, elle retrouve avec un immense plaisir, son écuyer Bajaumont devenu philosophe et vaillant soldat, qu’elle perdra fin 1609, attaqué en pleine église. Ses salons se remplissent de diplomates, de soldats, de poètes, elle organise des réceptions accueillant le roi et la reine, on y discute de tout, on y fait de tout : Henri IV dit lui-même revenir du « bordeau ». A la mort du roi, elle fait chanter un service solennel et 2 oraisons funèbres. Restant en bon terme avec la reine, elle joue un rôle dans l’alliance franco-anglaise pour le mariage d’Henriette, mais vit à l’écart de la cour.

Vers la fin de 1614, elle tombe malade d’un engorgement du foie, compliqué d’une gravelle. Son aumônier jugeant l’état très grave, l’avertit. Le 7 mars 1615, elle fait poser la 1ère pierre du tombeau. Elle s’éteint le 28 mars 1615 à 62 ans, laissant 100 000 livres aux pauvres, 200 000 écus de dettes réglées par Marie de Médicis. Un an après, son corps est transporté du couvent des Filles du Sacré Cœur vers Saint Denis.

On ne peut oublier la fin du discours funèbre de 1615 : « morte, Marguerite de France ! Adieu les délices de France, le paradis des plaisirs de la Cour ! Le brillant de nos jours, le jour des beautés, la beauté des vertus, la mignardise des lys, le lys des princesses, la princesse des grandes, la reine des grandeurs, la grandeur des esprits, l’esprit de sagesse, la prudence des nobles, la noble des fleurs, la fleur des Marguerite, la Marguerite de France ».

 

Le Portrait de Marguerite de Valois par Brantôme, grand écrivain de l'époque

« Son beau visage, si bien formé, en faict la foy ; et diroit on que la mere nature, ouvriere très parfaicte, mist tous ses plus rares sens et subtilz espritz pour la façonner. Car, soit qu'elle veuille monstrer sa douceur ou sa gravité, il sert d'embrazer tout un monde, tant ses traicts sont beaux, ses lineaments tant bien tirez, et ses yeux si transparans et agreables, qu'il ne s'y peut rien trouver à dire : et, qui plus est, ce beau visage est fondé sur un corps de la plus belle, superbe et riche taille qui se puisse veoir, accompaignée d'un port et d'une si grave majestée, qu'on la prendra tousjours pour une deesse du ciel, plus que pour une princesse de la terre. »

Marguerite de Valois – 14/- Le retour à Paris et la fin
Marguerite de Valois – 14/- Le retour à Paris et la fin

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