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Marguerite de Valois – 10/-

Publié le par Perceval

En compagnie de l'ardent vicomte de Turenne, La reine Marguerite organise des bals, des mascarades au cours desquels, il est de bon ton de se tenir très mal.

Naturellement, Margot n'a pas l'indécence de demander à son mari de payer ces fêtes où elle le cocufie. Elle s'adresse pour cela au bon Pibrac, toujours amoureux d'elle, qui se ruine doucement sans obtenir aucune faveur.

Mais il arrive que les 'moutons' se rebiffent. Un beau matin, Pibrac, ulcéré de voir Marguerite se moquer de lui avec Turenne, quitte Nérac, retourne au Louvre et raconte par le détail à Henri III ce qui se passe à la Cour de Navarre.

Le roi entre dans une grande colère, traite sa soeur de putain et adresse immédiatement une lettre au Béarnais pour l'informer de l'inconduite de Margot.

Navarre, qui a tant à se faire pardonner, fait semblant de ne rien croire, mais s'amuse à montrer la lettre du roi, à Turenne et à Marguerite. Celle-ci, outrée de cette nouvelle perfidie, décide, pour se venger, de pousser son mari à déclarer la guerre au roi. Le prétexte est simple : les villes d'Agen et de Cahors, qui font partie de son douaire, sont retenues injustement par Henri III.

Pour convaincre le Navarre, il suffit d'y ajouter un peu d’excitation, et ce sera le rôle de la jeune Fosseuse.

Quelques jours après, Navarre se prépare à cette guerre qu'Agrippa d'Aubigné devait, avec raison, baptiser "la guerre des Amoureux".

Voici d'ailleurs ce que nous en dit l'auteur de l'Histoire Universelle.

« Nous avons touché, écrit-il, de la haine de la reine de Navarre contre le roi son frère,. Cela fit que, pour lui remettre la guerre sur les bras, à quelque prix que ce fût, cette femme artificieuse se servit de l'amour de son mari envers Fosseuse pour semer en l'esprit de ce prince les résolutions qu'elle désirait. Cette fille, craintive, pour son âge, au commencement, ne pouvait bien pratiquer les leçons de sa maîtresse. Elle la faisait aider par une fille de chambre, nommée Xainte, avec laquelle le roi de Navare familiarisait. Celle-ci, hardie, rapportait sans discrétion force nouvelles que la reine de Navarre recevait ou inventait de la Cour, soit les paroles de mépris que son frère disait en son cabinet, soit les risées de Monsieur et du duc de Guise, qui se faisaient à ses dépens devant la dame de Sauve. D'ailleurs, elle séduisit les maîtresses de ceux qui avaient voix au chapitre. Elle même gagna pour ce point le vicomte de Turenne, embarqué en son amour... »

Les hostilité commencent sans tarder. On se bat avec fureur dans toute la Guyenne, et Navarre parvient à prendre Cahors. Aussitôt, par représailles, les soldats du maréchal de Biron viennent jeter des boulets dans de nombreuses villes huguenotes qui sont incendiées.

A Nérac, Marguerite se croit à l'abri, car elle a obtenu de Henri III que cette ville "fût tenue en neutralité" sous la réserve expresse que Navarre ne s'y trouvât pas.

" Mais, nous dit-elle dans ses Mémoires, cette condition n'empêcha poin que le roi, mon mari, ne vînt souvent à Nérac où nous étions, Madame, sa soeur et moi, étant son naturel de se plaire parmi les dames, même étant lors fort amoureux de Fosseuse.

Ces considération l'ayant amené un jour à Nérac avec ses troupes, il y séjourna trois jours, ne pouvant se départir d'une compagnie et d'un séjour si agréables..."

Le maréchal de Biron n'attend que cette occasion. Il accourt avec son armée et "fit tirer sept ou huit volées de canon dans la ville, dont l'un donna jusqu'au château..."

C'est ainsi que l'amour faillit causer la destruction de Nérac …

Au mois de novembre, le duc d'Anjou vient entamer des négociations, qui aboutissent au traité de Fleix (26 novembre 1580). La "Guerre des Amoureux" était finie.

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