Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Marguerite de Valois – 8/-

Publié le par Perceval

Marguerite de Valois – 8/-

Parmi ces dames de ''l'escadron volant'' se trouve Mme de Sauve, qui a déjà partagé la couche de Henri de Navarre... Ainsi, Catherine de Médicis traverse t-elle la France sous les acclamations en ramenant à son gendre à la fois une épouse et une maîtresse...

La reine de Navarre, elle, a choisi parmi les hommes qui l'accompagnent un joli garçon dont elle apprécie, aux étapes, la vigueur et le savoir-faire ; c'était, dit-elle en souriant : son "petit amant de voyage"... Ce jeune homme est joueur de luth et se nomme Guillaume Raspault. Il fait partie du quatuor privé de la reine composé d'un violoniste, d'un autre luthiste et d'un joueur de musette.

- Anecdote de voyage.

Un chroniqueur raconte une anecdote au sujet de la Reine de Navarre et du joueur de luth, Guillaume Raspault, que, - en cette période estivale - je recopie ici :

« Au cours d'une halte dans la forêt de Chinon, Marguerite s'enfonça dans un fourré, en compagnie de Guillaume Raspault.

Après avoir cheminé à travers les fougères, ils trouvèrent un petit tapis de mousse sur lequel ils s'étendirent.

Quelques instant plus tard, ils se savouraient dans un grand désordre de vêtements et de champignons écrasés, quand soudain, un bruit de branches remuées leur fit tourner la tête : entre deux arbres, un magnifique cerf, l'ai hautain, les contemplait.

Effrayé, le joueur de luth s'immobilisa et s'aplatit le plus qu'il put pour former un bouclier vivant sur le corps de la reine de Navarre.

L'animal avança, intrigué, vint flairer le couple qui n'osait faire un geste, sortit une langue énorme, et lécha le visage de Margot. La jeune femme était sur le point de perdre les sens (ce qui eût été navrant si l'on considère les circonstances) quand un groupe de paysans fit bruyamment irruption dans la clairière.

D'un bond gigantesque, le cerf disparut dans la forêt.

Au même instant, quelques cavaliers en fringant équipage surgirent à leur tour.

- Il était là messeigneurs, leur expliqua l'un des paysans. Il léchait cette belle dame qui avait grand peur.

Et il ajouta, à l'adresse de Marguerite et de Guillaume, qui restaient bien entendu, dans la posture où le cerf les avait surpris : - Vous pouvez vous relever, il est parti.

Très embarrassés, les deux amants adressèrent aux chasseurs un sourire un peu figé.

- Merci ! bredouilla Guillaume, merci !

Et, nous dit le chroniqueur, qui rapporte cette anecdote, "le joueur de luth et la reine de Navarre, toujours l'un sur l'autre, comme bête à deux dos, bien que Guillaume Raspault ait depuis longtemps perdu de son beau maintien, n'osaient se redresser, de peur que leur fricatelle ne soit découverte".

Alors, brusquement, les cavaliers et les paysant, comprenant dans quelle situation critique se trouvaient Margot et son amant, éclatèrent d'un rire énorme, fantastique, qui attira plusieurs dames de la suite.

En reconnaissant la reine Marguerite, ces jeunes femmes se précipitèrent :

- Etes-vous souffrante, Madame ?

Les cavaliers répondirent en riant qu'il s'agissait d'un mal fort agréable et contèrent l'aventure en détail. On dut, pour les faire fuir, dévoiler l'identité de Marguerite.

Affolés, ils partirent au galop tandis que les paysans couraient en tremblant se cacher dans des taillis.Les deux amant purent alors se "rajuster, prendre l'allure innocente de chercheurs de fleurettes" et rejoindre leur carrosse.

Cette histoire, qui fut connue immédiatement de tous les "gens du voyage", fit la joie des amateurs de potins, irrita Catherine de Médicis, peina le chancelier Pibrac, qui était amoureux de Marguerite, mais n'arrêta pas la liaison de celle-ci avec le joueur de luth. »

 Le voyage se poursuit sans encombre, et, le 2 octobre, la reine de Navarre retrouve son mari à la Réole.

Marguerite de Navarre écrit dans ses Mémoires : « Le roi, mon mari, est devenu fort amoureux de Melle Dayelle ( de ''l'escadron volant''..) , ce qui n'empêchait pas que je reçusse beaucoup d'honneur et d'amitié du roi, qui m'en témoignait autant que j'en eusse pu désirer... »

Après un long séjour à Toulouse, Marguerite entre à Nérac, sa capitale, le 15 décembre 1578

Commenter cet article