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Le couple pendant la Grande Guerre (14-18) -2/2-

Publié le par Perceval

En étudiant les nombreuses correspondances de couples séparés par le conflit, mais aussi les témoignages d’hommes et de femmes touchés dans leur couple par la guerre. Les chercheurs décèlent des stratégies, souvent minuscules et individuelles, qui permettent aux couples, plus ou moins accablés par le conflit, de gérer conjointement et quotidiennement la situation de séparation imposée par la guerre. Ils observent, donc, la mise en place d’une nouvelle organisation conjugale fondée sur l’éloignement et sur la construction de liens dans l’absence.

 

- La correspondance :

Les couples, privés de la présence de leur conjoint, entrent dans un nouveau système de relation, au sein duquel la lettre fait figure de trait d’union. La relation, soudainement, devient épistolaire. Les premières lettres échangées sont marquées par l’organisation d’un véritable système de correspondance : faisant rapidement le constat du bien-être éprouvé lors de la réception des lettres, les épistoliers s’imposent une certaine fréquence dans l’écriture, ils s’adonnent à une comptabilité précise des lettres reçues et envoyées et mettent en place des astuces visant à assurer une continuité de l’échange et à compter les lettres égarées. Peu à peu, les lettres deviennent le lieu d’un ajustement de la relation conjugale confrontée à la distance et à l’absence.

La lecture des correspondances conjugales offre également des informations précieuses, quoique parfois sporadiques, sur les émotions et sur la sexualité conjugale en guerre.

L'étude de l'intime, montre un franchissement des frontières de la pudeur pendant le conflit. En effet, dans certaines correspondances émanant de la bourgeoisie ou de milieux catholiques, le désir charnel de la femme est dévoilé avant celui de son conjoint, témoignage étonnant de la volonté féminine de s’affranchir, par l’écriture du moins, de la chasteté imposée par la guerre.

- Les permissions

L’urgence et les drames de la guerre font s’estomper les limites morales. Pour les soldats, l’omniprésence de la mort fait ressurgir l’urgence de vivre et de profiter de la vie. La pression psychologique aussi cherche un défouloir. Il y a donc une certaine tolérance pour leur conduite. Loin de chez lui, le soldat peut être tenté, si il n’est pas terrassé par la fatigue, par une expérience sexuelle. 

Les permissions sont un autre moyen de rencontre hommes/femmes. Les soldats peuvent revoir leur “bonne amie” , leur fiancée ou leur épouse..

A Paris, les soldats peuvent aussi être en contact avec des prostituées ou des relations de passage. Autant de possibilités pour le soldat, si il ne se protège pas, d’attraper ce que nous appelons désormais des MST.

Au début d’une guerre que presque tous imaginaient « courte, fraîche et joyeuse », les permissions sont exclues... étant en temps de guerre ! Le 30-6-1915 le général Joffre accorde 8 jours par an , à tour de rôle, aux soldats... Fin 1916 les permissions réglementaires sont portées à 1 semaine 3 fois par an. Théoriquement... En fait, les distributions restèrent aléatoires et fluctuantes selon les besoins militaires... Des mouvements de protestation parcoururent de nombreux régiments ; Pétain humanise quelque peu la condition du soldat, et met efficacement en place un roulement des permissions, en les portant à 10 jours 3 fois par an.

* 630 000 françaises deviennent veuves de guerre, apprenant parfois la nouvelle par simple retour de lettre...

Sources : Clémentine Vidal-Naquet / et Encyclopédie de la Grande Guerre. 1914-1918, Paris, Bayard, 2004

Le couple pendant la Grande Guerre (14-18) -2/2-
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