Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les dames du XVIIIe s. et le cabinet des fées. -2/3-

Publié le par Perceval

D'où viennent les contes .. ?

Comme nous l'avons déjà lu, de l'écoute des histoires d'un « nombre infini de Pères, de Mères, de Grands-Mères, de gouvernantes et de Grand'Amies qui, depuis peut-être plus de mille ans, y ont ajouté en enchérissant toujours les uns sur les autres beaucoup d'agréables circonstances. »

Cette récupération du folklore a pu aussi se faire au hasard de livres véhiculant eux-mêmes une tradition orale : « Le Prince Marcassin » de Mme d'Aulnoy s'inspire très vraisemblablement d'une des Nuits facétieuses de Straparole et la « Cendrillon » de Perrault doit quelques uns de ses traits à la « Gatta Cenerentola » de Basile, qui figure, en 1636, dans le Pentamerone.

Il arrive aussi que, sournoisement, certains auteurs du Cabinet des fées, se refusent à avouer cette source populaire d'inspiration : Mlle de la Force prétend bien haut avoir inventé l'histoire de cette femme qui dut donner sa fille aux fées pour leur avoir volé du persil alors qu'elle l'attendait ; Or Basile en donne déjà une version et le motif des tresses de la belle qu'elle dénoue à la fenêtre de sa tour pour que son amant y grimpe et la rejoigne se trouve dans le Livre des rois du poète persan du Xe siècle, Firdousi.

Parfois, tout bonnement, ces mondains prétendront qu'ils tirent leurs fables des fées elles-mêmes.

Ré-écriture du conte :

Il y a manipulation et appropriation, car un conte, qu'il soit oral ou littéraire est inséparable de la communauté qui le produit et dans laquelle il s'inscrit. Issus de l'aristocratie provinciale, des hommes, des femmes parfois liés à la préciosité écrivent et publient des contes ; ils publient pour la Cour et ceux qui gravitent autour d'elle, pour les salons où l'on occupe mille et une nuits à se désennuyer des peines des jours où l'on a joué aux bergers sur les pelouses de Trianon. L'appropriation passe d'abord par l'élimination de tous les éléments qui décèlent une origine populaire. Ces récits ne sont pas destinés à être entendus tandis que l'on tresse des paniers ou que, le cochon abattu, on mitonne ses rognons dans une sauce au sang. Ils seront lus au boudoir ou sous les feux d'un lustre de Bohême.

C'est en aristocrates que ces lettrés traitent une culture qui vient du peuple et donc ils la retraitent. Il faut aux deux sœurs du conte « Les Fées » épouiller la tête de la vierge avant de cracher ducats sonnants et trébuchants ; Perrault éliminera avec soin ce détail, comme il éliminera le dépeçage rituel de la grand-mère du Chaperon Rouge. Et s'il affuble Cendrillon du qualificatif de « cucendron » il a soin d'en faire par l'italique une citation. Quand il faut prendre femme, le garçon éconduit par les filles de son village épouse la première grenouille qui sort du « patouillas » tandis que le cadet de Mme d'Aulnoy s'éprend d'une chatte de luxe aussi blanche que nacre et qui repose au fond d'un palais doré sur des coussins de taffetas. Héros et héroïnes sont des aristocrates et, lorsque Mme d'Aulnoy s'inspire du « Petit Poucet », son conte, « Finette Cendron », ne commence point dans une pauvre hutte de bûcheron mais chez un roi et une reine « qui avaient mal fait leurs affaires ». Jamais il ne sera question de perdre les trois fillettes parce qu'il n'y a plus rien à leur donner à manger - hantise qui ne cessera de peser sur les fermes d'avant la Révolution - mais tout simplement parce qu'elles veulent faire les demoiselles et avoir tous les habits dont elles ont envie. Le préjugé nobiliaire ne manque pas même d'atteindre les fées. Ainsi, Mme de Murât ne cache pas son mépris pour celles qui traversent les récits populaires : « Leurs occupations étaient basses, écrit-elle, et pué- riles. Elles étaient presque toujours laides, mal vêtues et mal logées.(2) » Rurales donc, les fées appartenaient toutes à la gent de la forêt, des prés et des buissons, plus habiles à tailler un fagot et à mûrir des fromages qu'à mélanger poudres et sortilèges. Les siennes seront étincelantes, habillées d'argent et de pierres précieuses ; telles des reines-soleils, elles habiteront des palais enchantés. Désinvoltes ou sûrs d'être maîtres des outils intellectuels de référence, ces auteurs manipulent la matière orale en toute liberté et, ce faisant, obéissent à leur insu à cette loi du conte qui veut que celui-ci ait tendance à s'agglutiner avec des récits voisins.

La merveille n'est plus, comme dans la matière populaire, l'au-delà du miroir, le rêve d'un rubis qui n'est qu'une goutte de sang sur la blancheur de la neige ; elle est le reflet des palais de ces aristocrates qui l'installent en abyme dans leurs récits.

Dans les versions populaires, l'animalité était simple : ours, chien, porc ou loup sont les figures d'emprunt qu'adopte l'éphémère métamorphose. Dans les versions des lettrés, il ne s'agit plus que de monstres, moitié femme moitié baleine, de dragon aux ailes verdâtres, d'écrevisse ou de nain jaune. Le lettré, formé par une culture classique, fabrique des chimères.

Sources : '' Où l'on voit ces dames aller aux champs, et le Conte s'écrire... L'oralité populaire mise en écriture par les lettrés du XVIIIe siècle par Elisabeth Lemirre

Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français.   Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier  les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime
Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français.   Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier  les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime
Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français.   Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier  les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime
Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français.   Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier  les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime
Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français.   Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier  les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime
Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français.   Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier  les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime
Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français.   Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier  les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime
Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français.   Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier  les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime
Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français.   Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier  les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime
Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français.   Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier  les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime
Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français.   Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier  les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime
Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français.   Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier  les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime

Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741 – 1814 ), est un dessinateur et graveur français. Les œuvres les plus connues de la carrière prolifique de Moreau le Jeune, dont l’œuvre dépasse les 2 000 pièces, sont en particulier les vingt-quatre illustrations transcrivant les costumes et les intérieurs à la mode dans les dernières années de l’Ancien Régime

Commenter cet article