Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La Belle et la Bête, une version adulte, en images.

Publié le par Perceval

La Belle et la Bête, une version adulte, en images.
La Belle et la Bête, une version adulte, en images.
La Belle et la Bête, une version adulte, en images.

Dans cet article, je reprends l'histoire de la Belle et la Bête, à son origine, écrite par dame Suzanne Allaire, qui a épousé le 9 février 1706 Jean Baptiste de Gaalon de Barzay, chevalier, seigneur de Villeneuve... Mais Jean-Baptiste est un mauvais mari, Mme de Villeneuve obtient du Présidial de La Rochelle la séparation de biens, à cause des pertes faites au jeu par son mari "et son mauvais ménagement"... Devenue veuve à 26 ans, et sans ressources, elle se lance dans la carrière littéraire, ce qui lui vaut l'amitié de plusieurs hommes de lettres, parmi lesquels Crébillon père avec qui elle vit quelques années. Son roman le plus apprécié est La Jardinière de Vincennes, paru en 1753.

Les illustrations, ici, sont d'une autre femme : Nicole Claveloux, née en 1940 à Saint-Étienne. Elle commence une carrière d’illustratrice pour enfants, ce qui lui impose souvent de la retenue, mais elle se lâche dès que possible. Déjà le magazine pour adolescents Okapi de Bayard lui permet d’inventer des personnages irrévérencieux comme Cactus Acide ou Louise XIV. Et parallèlement, Nicole Claveloux publie des BDs plus adultes, dont La Main verte (1978) et Morte saison (1979), pour Métal Hurlant, A Suivre ou les Humanoïdes Associés. Et se lance dans les années 2000 dans les livres érotiques avec entre autres une version de La Belle et la Bête qui dévoile tout…

Nicole Claveloux aime inventer des contes fantastiques avec des images grouillant de détails et des fouillis de personnages.

Le noir et blanc ici sont maîtres et l’illustratrice va nous emmener dans un monde remplis de détails, véritable broderie de lettrines, de plantes envahissantes, de franges de tapis, de détails architecturaux. Une bête inquiétante voir terrifiante dans un château rempli d’animaux fantastiques et étranges avec une belle tout droit sortie du XVIIème siècle.

Le conte présente comme situation initiale un riche marchand et ses six enfants, trois fils et trois filles, dont la cadette, Belle. Alors que ses sœurs sont gâtées et capricieuses, n'ayant goût que pour le luxe et la richesse, Belle est douce, modeste et s’intéresse à la lecture. Elle entretient une relation très forte avec son père, au point de se sacrifier à sa place lorsque ce dernier se retrouve condamné à mort par la Bête pour avoir cueilli une rose. Belle part vivre chez la terrible Bête et découvre, au delà de sa laideur, un être généreux qui ne demande qu'à aimer et se faire aimer en retour.

« Vous m'apprîtes à démêler les apparences qui déguisent toutes choses. Je sus que l'image trompe, et nos sens et nos cœurs. Vous m'apprîtes encore à ne point suivre les mouvements de l'esprit et que le monde ne me serait donné qu'en pensant (...) Absenté de votre corps d'homme, vous l'exhibiez au gré des tableaux et des rêves afin que j'en recueillisse les images éparses. Prisonnière de votre palais et de sa cour assoupie d'un sommeil minéral, je régnais à mon insu sur votre vie, puisque j'en détenais les fragments jetés de part et d'autre du miroir et que mon amour seul pouvait en rassembler le sens. »

La Belle est tous les soirs demandée en mariage part la bête, et chaque nuit elle fait un rêve ou elle voit un jeune homme (et parfois une fée) dont elle tombe amoureuse et dont l'amour est partagé. En explorant le château elle remarque des portraits du jeune homme qu'elle voit en rêve et elle en conclue que la Bête le retient prisonnier quelque part. Mais au fur et à mesure, (même si le jeune homme donne des indices à la belle, indices pour nous lecteurs éclairés) Belle s'attache de plus en plus à la Bête. Elle part voir sa famille pendant deux mois et lorsqu'elle revient elle trouve la Bête presque morte. Elle se rend compte qu'elle l'aime plus qu'elle ne le pensait. Elle consent à devenir sa femme. La Belle et la Bête se couchent et au petit matin, la Belle en se réveillant découvre avec stupéfaction que ce n'est plus la Bête qui dort avec elle mais l'inconnu qu'elle aimait en songe....

Ci-dessous, certains dessins reprennent une deuxième version illustrée par Nicole Claveloux qui reprend les deux mêmes personnages, et racontent explicitement leurs aventures intimes, pour les adultes cette fois. Ces « Morceaux choisis de la Belle et la Bête » ont un scénario assez simple : deux héros dans un décor unique, un parc et un château, le tout dans un XVIIIe siècle plus ou moins fantaisiste.

Tous les soirs, la Bête fantasme de coucher avec la Belle, et chaque nuit la Belle fait un rêve ou la Bête lui procure toutes sortes de plaisirs inavouables …

Attention: Dessins de Nicole Claveloux érotiques ...!
Attention: Dessins de Nicole Claveloux érotiques ...!
Attention: Dessins de Nicole Claveloux érotiques ...!
Attention: Dessins de Nicole Claveloux érotiques ...!
Attention: Dessins de Nicole Claveloux érotiques ...!
Attention: Dessins de Nicole Claveloux érotiques ...!
Attention: Dessins de Nicole Claveloux érotiques ...!

Attention: Dessins de Nicole Claveloux érotiques ...!

« On trouve à tous les coins de rue des analystes autoproclamés qui savent avec une certitude en béton que la couleur noire est « inquiétante », que la couleur blanche est « morbide » et que telle pose ou attitude est « avilissante » ou « méprisante ». Quand on est dans le domaine de la représentation des fantasmes, tout jugement moral ou social me semble hors de propos puisqu’on est dans un champ imaginaire privé. » (…) « En ce qui me concerne, les histoires et les images sexuelles m’ont toujours intéressée, depuis les époques lointaines où j’étais gamine (et où je n’avais pas grand-chose à me mettre sous la dent) et ça n’a pas cessé depuis. » Nicole Claveloux

« Je ne suis pas du tout dans une posture de provocation ou de transgression. Si je choque, j’en suis la première surprise ; j’ai parfois choqué dans l’illustration jeunesse où, pour certains, j’ai une réputation « d’illustratrice qui fait peur aux enfants » !! Je n’ai jamais bien compris pourquoi. J’aime bien représenter des animaux humanisés ou l’inverse, d’abord parce que nous sommes des animaux et puis parce qu’ils sont beaux, la plus part du temps. Mais je reconnais qu’il y a plus attrayant que le phacochère qui valse avec la Belle ! »N.C.

« Jean Cocteau a dit : « les histoires érotiques sont les contes de fées des grandes personnes ». »N.C.

Commenter cet article