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La Femme et l'Allégorie

Publié le par Perceval

 

«Modestie» sculptée dans le marbre par Antonio Corradini 1751

Antonio Corradini - "Modesty" 

La Prudence  par Robinet Testard - Traité des vertus, de leur excellence, et comment on les peut acquérir, ca 1510 La Tempérance  par Robinet Testard
Giacinto Brandi -  Allégorie de la philosophie Allégorie de la sagesse. - Giovanni Martinelli (Italian, 1600-1659)
Allégorie de l' Innocence et de la Ruse - par Maerten van Heemskerck Cesare Dandini (1595–1658) - Allégorie de l'Intelligence .. - 1656

 

''La Femme'', petit à petit au travers des siècles, avec le XIXème siècle en apothéose, est considérée comme objet poétique: muse ou égérie ; elle est considérée par l'homme dans une vision sublimée.

" Une allégorie est toujours une femme, qu'on représente la Perversité ou l'Agriculture, la Morale ou la Géométrie."  J. Péladan  

 

Lucas Cranach l'Ancien - Allégorie de la Justice - 1537 Anonymous (Holland) - Allégorie de la Fortune, - 1520-1530

 

Eugène Faure - Allegory of Music Jacopo Ligozzi (Italian, 1547–1627). Allegory of Avarice
Moritz Stifter (1857–1905) ~ Allégorie du Rêve 'Allegory Of Medical Science' (1914) Robert Auer 1873-1952
Mars & Venus, Allegory of Peace - Louis Jean François Lagrenée Louis Maeterlinck (1846 – 1926, Belgian) - Allégorie de la Paix

Dans le poème ''Allégorie '' de Baudelaire ( 1821-1867), le poète fait allusion au corps et à la beauté de la femme...

 

Allégorie 

 

C'est une femme belle et de riche encolure,
Qui laisse dans son vin traîner sa chevelure.
Les griffes de l'amour, les poisons du tripot,
Tout glisse et tout s'émousse au granit de sa peau.
Elle rit à la Mort et nargue la Débauche,
Ces monstres dont la main, qui toujours gratte et fauche,
Dans ses jeux destructeurs a pourtant respecté
De ce corps ferme et droit la rude majesté.
Elle marche en déesse et repose en sultane;
Elle a dans le plaisir la foi mahométane,
Et dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins,
Elle appelle des yeux la race des humains.
Elle croit, elle sait, cette vierge inféconde
Et pourtant nécessaire à la marche du monde,
Que la beauté du corps est un sublime don
Qui de toute infamie arrache le pardon.
Elle ignore l'Enfer comme le Purgatoire,
Et quand l'heure viendra d'entrer dans la Nuit noire
Elle regardera la face de la Mort,
Ainsi qu'un nouveau-né, - sans haine et sans remords.

 
(Poème LXXXV - « Les Fleurs du Mal » - Section Spleen et Idéal - première édition de 1857)

 

Pourquoi donner le nom d'une figure de style à son poème ? Peut-être parce que la femme est l'allégorie de la vie... 

 

Le lecteur peut mettre en doute l'humanité même de cette personne: « Elle marche en déesse et repose en sultane »... Et si cette femme ne se laisse pas atteindre par « les griffes de l'amour », elle exhibe sans pudeur son anatomie... Baudelaire précise qu'elle a dans le plaisir la « foi mahométane » et pour lui, cette religion magnifie le plaisir sexuel (!).. Elle sublime le regard des hommes « Elle appelle des yeux la race des humains », et les invite de « ses bras ouverts que remplissent ses seins ».

L'auteur parsème son poème d'allégories, comme la Mort ou la Débauche, des figures personnifiées et comparées à des monstres.   

 

 

 

Jules Joseph Lefebvre (1836 - 1911) - Allégorie de La Vérité, 1870 La Vanité - Hans Memling, Vanitas  central panel of the Triptych of Earthly Vanity and Divine Salvation, circa 1485
Allégorie de la Vertu Henry Ryland - Allégorie de la Liberté

 

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