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Le Taj Mahal - Une belle histoire d'amour -1/2-

Publié le par Perceval

Il était une fois, un prince : le prince Kurram, il sera connu - plus tard - sous le nom de Shah Jahan, qui signifie « roi du monde ». Il est né en 1592 et commandera l’Empire moghol dès l’année 1627. Il est le fils de Jehengar, le 4e empereur moghol d’Inde et petit-fils de Akbar. Il hérite ainsi du plus vaste empire du monde.

Le prince Khurram est un très beau jeune homme. Le prince a déjà de nombreux talents, il aime la poésie, il est courageux et un bon guerrier. Il excelle en chant et en calligraphie alors qu’il n’a que seize ans.

Mon histoire raconte qu’en 1607, alors que le temps est beau, il y a une belle fête au bazar royal. Ce jour-là, les princesses du harem vont faire des emplettes. Elles sont à la recherche de parfums, d’onguents et de soieries. Dans ce marché de Meena, généralement, les hommes n’ont pas le droit de venir, c’est strictement interdit. S’ils se faisaient prendre, un bourreau leur trancherait les mains mais aussi les pieds.

Les descendants de Tamerlan fondèrent la dynastie des Moghols et régnèrent en Inde pendant les XVIe et XVIIe siècles.

Pourtant, certains jours exceptionnels, le marché de Meena ouvre ses portes à toutes les catégories. Une foule s’y presse alors pour les achats que se soit des humbles ou encore des seigneurs. Des courtisanes d’ordinaire très discrètes se mettent à interpeller les passants et deviennent très bruyantes. Dans le marché, la musique est partout et bien présente ainsi que des danses. L’animation est générale. Les jeunes aristocrates font des joutes oratoires, celui qui trouve la meilleure rime ou encore celui qui a la meilleure répartie pour attirer l’attention des jeunes femmes est le grand gagnant. Egalement, les femmes de la noblesse installent des étales réservés aux membres de la famille royale.

Sur le marché de Meena, en ce jour de fête, le prince Khurram, est porté en palanquin par quatre belles esclaves, lorsqu'il s'arrête devant un étal où une jeune femme vend du mishri (sucre de canne brut en cristaux). Le prince choisit un beau morceau et en demande le prix. La jeune femme, charmeuse, lui donne un prix extravagant. Le prince paye en pièces d'or sans broncher. La jeune fille s'imagine que le prince a confondu les cristaux de sucre avec des diamants, et la jeune femme éclate de rire, son voile glisse et révéle alors subitement son visage. Le prince est fasciné, puis attiré par le regard de la belle princesse Arjumand Banu Begam. Celle-ci à quinze ans et c’est une superbe jeune fille très belle et très talentueuse. C’est un instant magique pour les deux adolescents et un coup de foudre magnifique. Si bien que le lendemain, le prince demande l’autorisation à son père d’épouser Arjumand. Celui-ci accepte cette belle idée mais ne veut pas que le mariage soit célébré de suite. Il diffère la date.

L’année suivante, le roi contraint le prince Khurran de se marier, mais d'abord ( raisons diplomatiques ) à une princesse perse. La religion musulmane ne lui interdisant pas d’avoir plusieurs femmes, le prince a encore l'espoir d'épouser Arjumand. Durant cinq années, les jeunes gens ne peuvent se parler, ni se voir. Ce n’est que le 27 mars 1612, que les astrologues de la cour les autorisent à se marier. La coutume veut que la cérémonie soit faite chez la fiancée. A minuit, le roi convie tout le monde à un grand repas, un somptueux festin fut donné. Pour ceux qui y participaient, c’était un grand honneur d’être là.

Le roi lui-même est sous le charme de sa belle-fille Arjumand si bien qu’il lui donne plusieurs marques de distinctions et l’une d’elle l'autorise à changer de nom. Arjumand devient donc « Mumtaz Mahal » ce qui veut dire « la préférée du palais ». Kurram a déjà dû épouser deux autres jeunes femmes.

Ils se marient en 1612 alors que le prince a vingt ans et elle dix neuf. La cérémonie est grandiose, les plaisirs raffinés sont le privilège et l’honneur des empereurs mogholes. Les souverains sont vêtus de longues robes brodées d’or roulées sur soie, et les musiciens et les acrobates jouent jusqu’à tard dans la nuit.

Mumtaz, troisième épouse du Shah Jahan, devient très vite sa favorite.

Après le mariage, les jeunes époux deviennent vraiment inséparables. Mumtaz Mahal est resplendissante et d’une grande beauté. Elle est élégante et possède de grandes qualités de cœur. Elle est appréciée par tous et les femmes du pays la prennent comme modèle. Le prince de son côté est devenu un homme parfait. Ce n’est que le 4 février 1628, soit seize années plus tard, qu’il peut accéder au trône Moghol et devenir roi. C’est à ce moment-là qu’il devient Shah Jahan. Les fêtes de couronnements du roi durent un mois complet. C’est là qu’il comprend aussi que son royaume a de gros soucis. Son père Jahangir avait laissé tout cela de côté pour se consacrer uniquement à ses propres plaisirs. Shah Jahan se retrouve avec un triste héritage. Cependant, son amour pour Mumtaz Mahal reste comme au premier jour de leur mariage, sans une seule ombre.

Au fil des ans, elle accompagne son mari dans ses combats, et ses conquêtes.

Désireux d’étendre l’Empire moghol, et de poursuivre l’œuvre de ses prédécesseurs, Kurram a le goût de l’aventure et du faste. Présente et douce, la princesse préférée se rend indispensable aux yeux du souverain qui possède un véritable harem. Elle le guide, l’épaule et le soutient, rôle alors peu concédé aux épouses. Elle lui donne quatorze enfants durant leurs dix-neuf années de vie commune ; en moyenne un enfants tous les seize mois. Mais seulement quatre garçons et trois filles survivent.

En 1630, une campagne est menée contre le dissident Khan Jahal Lodi. L’empereur Shah Jahan permet à sa femme Mumtaz de l’accompagner alors qu’elle est enceinte. La naissance est imminente. Enfin, la naissance de l’enfant est annoncée à l’empereur par un message : « Votre quatorzième enfant vient de naître, c’est une fille, elle est en bonne santé ! ». Dans ce message, il n’y a aucune indication concernant sa femme. Ce n’est que très tard dans la soirée, que d’autres messages sont envoyés et c’est là que l’empereur apprend la mauvaise nouvelle. Mumtaz Mahal est au plus mal et elle réclame son mari auprès d’elle. Shah Jahan se précipite à son chevet et ne l’a quitte plus.

Agenouillé près d'elle, il lui demande s'il peut encore faire quelque chose pour elle. Elle lui fait promettre de ne pas avoir d'enfants avec ses autres femmes et de faire édifier un tombeau d'une grande beauté en témoignage de leur amour.

Lorsque l'impératrice ferme ses beaux yeux, une dernière larme s’écoule et glissa sur sa joue. L'empereur accablé de douleur essuie cette larme sur le visage de sa bien-aimée, larme qui deviendra ce mausolée à la hauteur de son amour: « Une larme éternelle descendant des cieux sur la joue du temps. » ( Rabindranath Tagore)

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