Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Mademoiselle de Maupin -1/2-

Publié le par Perceval

Jean-Jules-Antoine Lecomte du Noüy (1842-1923) - Mademoiselle de Maupin

Jean-Jules-Antoine Lecomte du Noüy (1842-1923) - Mademoiselle de Maupin

Mademoiselle de Maupin est un roman épistolaire français écrit par Théophile Gautier et publié en 1835. Première grande œuvre de l'auteur, le roman raconte la vie de Madeleine de Maupin et ses aventures galantes.

Dans le roman, Madeleine de Maupin, avant de succomber aux avances des hommes, désire se travestir afin de surprendre leurs secrets. Elle parcourt donc le monde, sous le nom de Théodore, en quête d’aventures galantes. Albert, le héros de la première partie du livre, soupçonne la vérité, et tombe amoureux de Madeleine. Rosette, la précédente conquête de D’Albert, est trompée par le déguisement, elle aime Théodore/Madeleine qui doit par ailleurs se battre en duel pour avoir refusé d’épouser une jeune fille.

L'avis de Baudelaire : « Avec Mademoiselle de Maupin, apparaissait dans la littérature le Dilettantisme qui, par son caractère exquis et superlatif, est toujours la meilleure preuve des facultés indispensables en art. Ce roman, ce conte, ce tableau, cette rêverie continuée avec l’obstination d’un peintre, cette espèce d’hymne à la Beauté, avait surtout ce grand résultat d’établir définitivement la condition génératrice des œuvres d’art, c'est-à-dire l’amour exclusif du Beau, l’Idée fixe »

 

Reprenons...

Théophile Gautier. 
Mademoiselle de Maupin. 
Paris Conquet et Charpentier, 1883. 
George Barrie & Son, 1897
 compositions de Édouard Toudouze, 
gravées par Eugène André Champollion.

Albert, qui se voudrait être '' héros romantique '' bute contre ce qui lui paraît être une réalité lamentable, celle de ne pouvoir rencontrer ici-bas l’absolue Beauté... Une veuve libertine et sensuelle, qui répond au fâcheux prénom de Rosette, noie quelque temps ce désir inassouvi dans la griserie des sens.

« c'est un délicieux compagnon, un joli camarade avec lequel on couche, plutôt qu'une maîtresse... » (chap. III). Albert n'est cependant pas pleinement satisfait, bien que comblé sur le plan physique : « au lieu d'être tout à fait heureux, je ne le suis qu'à moitié ». Et le voilà qui cherche d'où cela peut venir... Tout au long du chapitre V, d'Albert essaie d'exprimer ses contradictions intimes, son regret de l'idéal abandonné, son amour exacerbé de la beauté, toutes les rêveries creuses qui le poursuivent dans la solitude où il vit.

 

- Rosette veut distraire son amant, et envoie des invitations à ses connaissances du voisinage.

 

Ainsi, surgit Théodore de Sérannes, jeune homme dont Rosette s’est autrefois passionnément éprise, mais qui pour des raisons mystérieuses n’a pu répondre à son amour.

« ... dans tout cet essaim provincial, ce qui me charme le plus est un jeune cavalier qui est arrivé depuis deux ou trois jours ; ... Le seul défaut qu'il ait, c'est d'être trop beau et d'avoir des traits trop délicats pour un homme. Il est muni d'une paire d'yeux les plus beaux et les plus noirs du monde, qui ont une expression indéfinissable... Il est vraiment parfait... Il avait derrière lui, monté sur un petit cheval, un page de quatorze à quinze ans, blond, rose, joli comme un séraphin... Tout redoutable cependant que soit(auprès de Rosette) un pareil rival (le jeune cavalier), je suis peu disposé à en être jaloux, et je me sens tellement entraîné vers lui, que je me désisterais assez volontiers de mon amour pour avoir son amitié. »

 

Et là, Albert panique lui aussi parce qu’il doit s’avouer qu’il succombe au charme de Théodore. “Naturellement”, Théodore n’est autre que Madeleine de Maupin, superbe jeune femme qui a conçu le projet fou de s’enfuir de son couvent dans les habits d’un homme. But du stratagème : s’introduire dans les groupes masculins afin de reconnaître, parmi les mâles d’autant plus misogynes qu’ils sont « entre eux », la perle rare.

En 1835, le thème du travestissement est à la mode : 1829 a vu naître la Fragoletta de Latouche, 1830 la Sarrasine de Balzac. Un article de Castil-Blaze paru dans l’Artiste en 1831 raconte les folles aventures de Madeleine d’Aubigny. Le Figaro du 12 avril 1833 enfin parle de femmes duellistes, de Sophie Arnould et de Madeleine de Maupin. En effet, mademoiselle de Maupin a vraiment existé … !

 

(Celle-ci vécut au XVIIe siècle, sous Louis XIV. Elle défraya la chronique par son comportement pour le moins atypique. Cette aventurière, douée à la fois pour le chant et l’épée, n’hésita pas à se travestir en homme et à séduire, dit-on, quelques jeunes femmes.)

Commenter cet article