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La galanterie

Publié le par Perceval

La galanterieLa galanterieLa galanterie

Pour préparer la journée dite de La Femme... On peut se questionner du bien-fondé de tout ce qui recouvre '' la galanterie ''…

Serait-ce une manière d'affirmer la supériorité d'un sexe sur un autre, qui se vit ''faible'' … ?

Ce ''Après vous, madame" : met-il - celui qui prononce ces mots - en situation d'humilité ou de supériorité ? La misogynie se niche-t-elle dans la galanterie ?

"(...) la croyance veut que les femmes soient précieuses, ornementales et fragiles, inexpertes et inadaptées à tout ce qui exige l'emploi de la force musculaire ou à l'apprentissage de la mécanique et de l'électricité, ou à tout ce qui comporte un risque physique ; plus encore, qu'elles soient facilement sujettes à la souillure et à la flétrissure, qu'elles pâlissent lorsqu'elles sont confrontées à des paroles blessantes et à de cruelles réalités, parce qu'elles sont instables autant que délicates. Il s'ensuit dès lors que les hommes ont l'obligation de s'interposer et de les aider (ou de les protéger) (...)" Le texte de L’arrangement des sexes, d'Erving Goffman énonce comment nos croyances en des différences "naturelles" entre hommes et femmes sont à la fois injustifiées et constamment renforcées.

La galanterie ne serait-elle qu'une forme de 'séduction', de jeu … ? La théorie de la séduction souligne que c'est l'absolutisme français qui a valorisé et encouragé une forme unique de civilité au sein de laquelle les femmes bénéficieraient d'une forme de reconnaissance spécifique... Et, Roederer imputait, comme beaucoup de ses contemporains, la décadence de la Monarchie à l'excès des femmes aristocrates dans l'utilisation de leur pouvoir d'influence. La séduction peut s'entendre comme un attribut de ce pouvoir d'influence. Selon Pierre-Louis Roederer (1754-1835) , bien que toutes les femmes ne puissent être tenues responsables de la décadence monarchique, chacune d'entre elle qui serait mise en situation de richesse et de proximité avec le pouvoir, est susceptible d'abuser de sa force de persuasion.

Alain Finkielkraut parle de la « visibilité heureuse du féminin qui remonte loin dans le temps: ce que nous appelons « l’âge classique » se dénommait lui-même « l’âge galant »

C'est comme si la soumission des femmes était compensée par leur pouvoir de séduction, présumé naturel également.

Alain Finkielkraut, lui, dénonce « le processus actuel d'égalisation totale des valeurs qui rend toute hiérarchie suspecte et toute dissymétrie impossible. La démocratie c'est vécue maintenant de plus en plus comme l'affirmation par l'individu de ses droits et la conquête incessante de nouveaux droits et la dimension collective disparaît. »

La force du désir masculin est-elle – en fait- ce qui fait le pouvoir féminin.. ?. Le rôle de la femme serait de civiliser, de "rassurer", de refréner, d'apprivoiser les hommes dans leur identité agressive et brutale. Elles en auraient le pouvoir par la séduction qu'elles exercent...

Allons plus loin... La soumission de la femme est-elle la condition d'une véritable féminité ? Cette théorie repose sur une vision 'naturelle' de la différence entre les genres. L'inégalité est ainsi naturalisée, érotisée et euphémisée, fondée sur la certitude de la supériorité masculine.

« Je ne vois pas pourquoi, au nom de l’égalité, les femmes devraient abandonner leur féminité (…) Rien ne serait pire qu’une société qui, au nom de leur nature, renverrait les femmes à la cuisine. Mais je persiste à considérer la différence sexuelle comme la différence originaire, celle dont toutes les autres sont issues.» Alain Finkielkraut

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