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J. Cocteau, et une femme : Natalie Paley – Yseult -2/2-

Publié le par Perceval

Natalie Paley, « de sœur potentielle, la femme devint un être étranger, menaçant, tentaculaire – une Gorgone à la bouche haineuse et au ventre grouillant – […] »

Cocteau, Jean (1889-1963) 

La princesse Nathalie Paley en sphinx. 1932

Elle apparaît curieusement sous les traits du Sphinx de sa pièce, La Machine infernale, adaptation du mythe d’Œdipe. Durant l’élaboration de cette œuvre, Dans ses papiers personnels figure un dessin du Sphinx, tracé de sa main et sur lequel a été collée, à la place de la tête, une photographie de Georges Hoyningen-Huene représentant le profil de Natalie Paley. Audessus, le poète a écrit : « Silence. Ici, j’ordonne », une phrase que prononce le monstre au cours de l’acte II. Le Sphinx, « […] la Déesse des Déesses […], la grande entre les grandes », l’équivalent profane de la Vierge, représente la mort. Mais pour Cocteau, la mort n’est pas synonyme de destruction, il s’agit de l’équivalent du mystère, de l’irréel, de la zone du miroir qui représente l’invisible, objectif ultime du poète. […] la fonction des femmes est de révéler le héros à lui-même à travers la découverte de l’énigme de l’existence. […] le personnage s’impose plus que jamais comme le médiateur entre, le visible et l’invisible, entre le temporel et l’atemporel, et entre la vie et la mort ».

  Jean Cocteau et Jean Marais en 1937  

C’est par le mythe et par la poésie que le poète peut atteindre cette vérité, l’invisible, « invisible aux yeux habitués », comme dira Héron. Dans le film de Cocteau, L’Éternel Retour (1943), le personnage d’Yseult s’appellera curieusement aussi Natalie.

Cocteau disait que L’Éternel Retour dont le titre est emprunté à Nietzsche « veut dire que les mêmes légendes peuvent renaître sans que leurs héros s'en doutent-éternel retour de circonstances très simples qui composent la plus simple de toutes les grandes histoires de coeur »

Ce film reprend le mythe celtique et moyenâgeux de Tristan et Iseult en le transposant dans le monde contemporain ( la France occupée de 1943): les accents poétiques, les images, la beauté des plans et des comédiens font de ce film, avec Les Visiteurs du soir et La Belle et la Bête, l’un des joyaux du cinéma fantastique français.

Le personnage que joue Madeleine Sologne ( Nathalie) y dépasse sa condition de femme, « normale », ordinaire, elle incarne une idée de la Beauté et de l’amour sublime au sens platonicien.

Jean Marais dont ce fut la première apparition majeure trouve avec le rôle de Patrice ( Tristan) un tremplin vers la gloire. Il marque la mode des années sombres avec son "pull jacquard". Jean Marais et Madeleine Sologne formeront pour toute la jeunesse de l'époque une sorte d'idéal romantique.

 

Sources : Un article de Catalina GONZÁLEZ MELERO

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