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Schopenhauer et les femmes

Publié le par Perceval

 ''Sur les femmes'', texte publié par Arthur Schopenhauer en 1851, est un flot d’injures misogynes et un règlement de compte avec sa propre mère Johanna. Il la rendra responsable du suicide de son père et lui en voudra jusqu’à la mort. 

De longues années après la mort de son père, voici comment Arthur Schopenhauer relate les faits : « Lorsque mon propre père infirme et misérable se trouva cloué dans un fauteuil de malade, il eut été abandonné à lui-même si un vieux serviteur n’avait rempli auprès de lui les devoirs de charité que madame ma mère ne remplissait pas. Madame ma mère donnait des soirées tandis qu’il s’éteignait dans la solitude, elle s’amusait tandis qu’il se débattait dans d’intolérables souffrances. »  

Johanna, prenant entre ses mains la thèse de doctorat de son fils, De la Quadruple Racine du principe de raison suffisante, déclare : « C’est un machin pour les pharmaciens ». Ce à quoi le philosophe répond : « On lira ces œuvres lorsqu’on pourra à peine trouver l’une des tiennes dans un débarras ! ».

Johanna Schopenhauer était une romancière célèbre, une femme libre qui n’hésitait pas à faire le récit de ses conquêtes amoureuses. Après la mort de son mari, le riche banquier Floris Schopenhauer, elle a hébergé chez elle un de ses amants Georg Von Gerstenbergk, ce qui a occasionné de violentes disputes avec son fils.

Ne pouvant plus se supporter l’un l’autre, mère et fils ne se communiquent, à un certain moment, que par lettre interposée. Après une ultime dispute qui marquera la rupture définitive, Johanna écrit à Arthur : « La porte que tu as claqué si bruyamment après t’être conduit d’une façon très inconvenante avec ta mère, cette porte s’est fermée pour toujours entre moi et toi. Je suis lasse de continuer à supporter ta conduite, je vais à la campagne et je ne rentrerai pas avant de savoir que tu es parti. » Ainsi Schopenhauer quitte la maison de sa mère et ne la reverra plus jamais.

En 1838 Johanna meurt en prenant bien soin de déshériter Arthur, ce qui ne fera qu’aggraver l’image que le philosophe gardera de sa mère.

 

A lire, Ici, la version numérique: Essai sur les femmes, par Arthur Schopenhauer (1851)

- Extrait :

" Chez les jeunes filles, la nature semble avoir voulu faire ce qu'en style dramatique on appelle un coup de théâtre; elle les pare pour quelques années d'une beauté, d'une grâce, d'une perfection extraordinaires, aux dépens du reste de leurs jours, afin que pendant ces brèves années d'éclat, elles puissent s'emparer fortement de l'imagination d'un homme et l'entraîner à loyalement se soucier d'elles en quelque manière. Pour réussir dans cette entreprise, la réflexion rationnelle ne donne pas une garantie suffisante. Aussi la Nature a-t-elle armé la femme, comme toute autre créature, et aussi longtemps qu'il en est besoin, des armes et des instruments nécessaires pour assurer son existence; En cela, la Nature agit avec sa parcimonie habituelle "

" les femmes restent toute leur vie de vrais enfants. Elles ne voient que ce qui est sous leurs yeux, s’attachent au présent, prenant l’apparence pour la réalité et préférant les niaiseries aux choses les plus importantes. Ce qui distingue l’homme de l’animal c’est la raison ; confiné dans le présent, il se reporte vers le passé et
songe à l’avenir: de là sa prudence, ses soucis, ses appréhensions fréquentes.

La raison débile de la femme ne participe ni à ces avantages, ni à ces inconvénients ; elle est affligée d’une myopie intellectuelle qui lui permet, par une sorte d’intuition, de voir d’une façon pénétrante les choses prochaines ; mais son horizon est borné, ce qui est lointain lui échappe. De là vient que tout ce qui n’est pas immédiat, le passé et l’avenir, agissent plus faiblement sur la femme que sur nous (…) "

- A sa mort, Schopenhauer fait de son chien son légataire universel ...  

 

 
Caroline Jagemann, actrice de théatre et amante du duc Charles Auguste. Arthur à 21ans tombe amoureux de la jeune femme et lui dédie un poème.    Caroline Medon (1802-1882). Actrice berlinoise avec qui Arthur eut pendant dix ans une liaison secrète.

 

" Parmi les choses que l’on possède, je n’ai pas compté femme et enfants, car on est plutôt possédé par eux " : A. Schopenhauer, Aphorismes sur la sagesse dans la vie

Sources: le site sur Schopenhauer: http://www.schopenhauer.fr/index.html

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