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Louise Anne de Bourbon Condé (1695-1758)

Publié le par Perceval

La mère - de Louise-Anne née le 23 juin 1695,- veuve dès 1710, encore belle et provocante offre à sa troisième fille l'exemple peu édifiant du libertinage. Louise Françoise de Bourbon (1673-1743), (dite Mlle de Nantes) devient maîtresse de son beau-frère le Prince de Conti, avant de s'afficher avec l'un des grands séducteurs du temps, le Marquis de Lassay...

Louise-Anne, dite Mademoiselle de Sens ou plus souvent « Mademoiselle de Charolais » est petite-fille de Louis XIV ( et petite fille de Madame de Montespan .). Afin de collectionner plus librement les amants, elle ne s'est jamais résolue au mariage, menant jusqu'aux portes de la vieillesse une existence incandescente, entremêlée d'intrigues et d'amours illicites.

« Entre mille perfections que la nature lui avait prodiguées, elle avait des yeux d'une si grande beauté, qu'au bal ils perçaient sous le masque et la faisaient toujours reconnaître. » selon le Baron de Besenval

Elle sacrifie sa virginité avec son professeur de flûte. L'auteur des indiscrètes « Chroniques de l’œil de bœuf », Monsieur Touchard-Lafosse, rapporte : « Portée aux tendres faiblesses de l'amour, elle n'a pas même attendu pour s'y livrer les licences que la beauté reçoit trop souvent de l'hymen ». Un autre plumitif la pare « d'une sensibilité extrême qui lui faisait un besoin de l'amour »...

L'ardente demoiselle jette son dévolu sur le Chevalier de Bavière ( Emmanuel-Francois-Joseph) , bientôt détrôné par le duc de Richelieu ( arrière petit-neveu du grand Cardinal)...

Louis François Armand de Vigneron du Plessis, duc de Richelieu naquit en 1696 à Paris et mourut dans la même ville en 1788, à l'orée de la Révolution Française. Sa carrière a embrassé tous les aspects de la vie de cour du XVIIIe siècle : ayant connu la Bastille dans son jeune âge en raison de son trop grand empressement pour Mademoiselle de Noailles, puis sous la Régence pour une affaire de duel et un complot bien mal ficelé, il s'y fit des amis et traversa le siècle tel un météore.

Il eut d'innombrables conquêtes depuis les dames de la cour jusqu'aux chambrières et aux actrices de l'Opéra comme La Souris. Il s'amusa même à conquérir toutes les maîtresses du Régent, certes après lui..., et fut l'ami du roi Louis XV  

Elle confie la clef de ses appartements, qui ouvrent sur les jardins, au rez-de-chaussée de l'hôtel parisien des Condés. Louise-Anne adresse à son amant des missives impudiques :

« Je ne sais quel moyen employer pour vous voir. Je n'ose plus sortir à pied, comme je le faisais (…) Il est bien cruel d'être contrarié par la bienséance et par ses parents quand on brûle de se voir. Sinon, nous serions forcé de faire quelque étourderie dans le jardin, mais nous pouvons être découverts. Vous étiez bien amoureux la dernière fois, vous m'aviez sûrement été fidèle pendant quelque temps, car les preuves de votre amour ont été plus répétées qu'à l'ordinaire. Ah ! Soyez toujours de même, et vous serez le plus adorable des hommes... »

 

A la suite de la disparition brutale de Philippe d'Orléans, le 2 décembre 1723. Louise-Anne se rapproche du pouvoir. Son frère le duc de Bourbon, devient Premier ministre. C'est vers cette époque que Charles-Joseph Natoire la peint étrangement revêtue d'une bure franciscaine, jouant en fausse ingénue avec sa cordelière en « lacs d'amour ». S'affiche ainsi publiquement, sa coutume de recevoir ses amants nue sous la cuculle – plus facile à ôter qu'une robe de cour.

Voltaire, qu'elle convie à ses soupers intimes et licencieux, lui dédie cet impromptu de circonstance, sur l'air de Robin turelure :

« Frère Ange de Charolois

Dis-nous par quelle aventure

le cordon de saint françois

sert à Vénus de ceinture. »

Portrait de Louise-Anne de Bourbon Condé,

Mademoiselle de Charolais par C J Natoire

Mademoiselle de Charolais.

Portrait par J-M_Nattier

Louise-Anne se moque bien du qu 'en-dira-t-on !

Ses faiblesse pour le fringant officier aux gardes « le petit Howell », lui valent de se retrouver enceinte …

Pour établir plus sûrement son influence – alors que certains courtisans murmurent ( à tort..) que Mlle de Charolais avait été l'une des premières maîtresses du roi - elle sert d'entremetteuse au timide et encore chaste Louis XV. Mademoiselle de Charolais lui présente alors Louise Julie de Mailly-Nesle, dont il fait sa première favorite.

Il semble Louise-Anne ait donné le jour à plusieurs enfants naturels dont elle n'était pas toujours capable de déterminer qui en était le père. Il semble qu'il y ait là une exagération manifeste. Enceinte elle aurait déclaré : « Ce n'est là qu'un accident propre à la nature des femmes. »

Un fait est sûr : elle a vingt-trois ou vingt-quatre ans quand elle s'aperçoit qu'elle est pour la première fois enceinte et va, éplorée, trouver sa marraine pour lui révéler son état : « Eh bien, ma fille, vous accoucherez » ( ce propos figure dans une lettre écrite par la Palatine).

De cet enfant naturel, le père est connu. En 1718, Louise-Anne est la maîtresse de Richelieu et follement amoureuse de lui. Quand cet "accident" lui arrive, elle se retire, prétend-on, dans quelque château appartenant à sa famille, met au monde l'enfant, le confie à une nourrice, et reparaît à la Cour qui feint d'ignorer les raisons de son absence.

Sur son testament apparaissent des noms de personnages qui n'appartiennent pas à sa maison et qu'il est impossible d'identifier. Est-ce à des enfants naturels qu'elle faisait ainsi des dons ? C'est probable....

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