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Assia Djebar, nous quitte ...

Publié le par Perceval

L'écrivaine et historienne Assia Djebar, membre de l'Académie française, est décédée ce samedi 7 février dans un hôpital parisien. Née à Cherchell dans le Nord de l'Algérie en 1936, Assia Djebar est l'une des auteurs les plus célèbres du Magrheb. Elle a été élue à l'Académie française en 2005.

Enfant, elle fréquente l’école française. Les premières années, après l’école française, elle va dans une école coranique privée ; elles sont deux filles au milieu de garçons. Elle étudie au Collège de Blida, section classique, le latin, le grec et l’anglais. Elle est la seule musulmane dans sa classe. Il y a une vingtaine d’Algériennes qu’on appelle « les indigènes » mais elles sont en section moderne. Toutes sont internes. Fatma Zohra passe le bac à Blida et Alger.

1953, elle entre en Hypokhâgne au Lycée Bugeaud (aujourd’hui Lycée Emir-Abdelkader) à Alger, où Albert Camus a fait ses études. Puis, son père accepte de la laisser partir en khâgne à Paris, au Lycée Fénelon où elle rencontre Jacqueline Risset.

Zoulikha Oudai, née Yasmina Echaïb le 7 mai 1911 à Hadjout en Algérie, est une résistante algérienne durant la Guerre d'Algérie

1 Nov. 1954 La guerre d’Algérie commence. Elle réussit l’entrée à l’ENS de Sèvres.

Mai-Juin 1956 Grève des étudiants algériens. Fatma Zohra ne passe pas ses examens en raison des « événements »

Juin 1957 Son premier roman La Soif, qu’elle a écrit en deux mois, est publié chez Julliard. Il est traduit aussitôt aux Etats-Unis où il a du succès et reçoit une importante édition en livre de poche. Fatma Zohra prend le pseudonyme de Assia Djebar à cause de ses parents et à cause de l’administration de l’Ecole.

Mars 1958 Elle continue à faire la grève des examens. La directrice de l’ENS la contraint de quitter l’école.

Assia épouse un Algérien et quitte la France avec lui pour la Suisse puis Tunis. Assia travaille comme journaliste.

Eté 1959... Elle se rend dans les camps, aux frontières tunisiennes, avec la Croix Rouge et le Croissant Rouge, où elle fait des enquêtes parmi les paysans algériens réfugiés après le bombardement de Sakiet Sidi Youssef. Son 4ème roman Les Alouettes naïves, qu’elle publiera en 1967, retrace cette période.

A Tunis, en 1958, Assia rencontre Kateb Yacine.
A la Faculté des Lettres de Rabat. Elle enseigne pendant 3 ans comme Assistante en Histoire.

Été 1960, Assia écrit Les Enfants du nouveau monde. Certains récits lui sont inspirés par sa mère et sa belle-mère qui viennent lui rendre visite à Rabat et qui lui racontent des épisodes de la guerre à Blida vue depuis le patio des femmes.

1962 : Le 1er juillet, Assia rentre à Alger, envoyée par Françoise Giroud, directrice de l’Express, pour faire un reportage sur les premiers jours de l’Indépendance.

Elle est nommée Professeur à l’Université d’Alger où elle est la seule Algérienne à enseigner l’Histoire. Assia choisit de travailler sur le XIXème siècle et l’Etat de l’Emir Abdelkader. Elle enseigne jusqu’en 1965. L’Histoire, comme la Philosophie, doivent alors être arabisées : Assia se met en disponibilité et quitte Alger pour Paris.

1974 – En janvier 1974, retour à Alger. Elle enseigne la littérature française.

Divorce en Octobre 1975.
Assia dépose à la TV algérienne un projet de film long métrage qui est un documentaire-fiction sur la tribu de sa mère, les Berkani, au nord de Cherchell.

Elle tourne le film La Nouba des femmes du Mont Chenoua … Elle reçoit le Prix de la Critique internationale à la Biennale de Venise.

1981 – Assia épouse le poète Malek Alloula.

1984 Assia refuse un poste à l’UNESCO. Retirée à l’Hay-les-Roses, elle se consacre à l’écriture.

Elle travaille à un nouveau film de montage à partir des Archives à Paris : La Zerda ou les chants de l’oubli, avec le musicien Hamed Essyad. Le film est financé par la Télévision algérienne. En février 1983, il obtient au Festival de Berlin le Prix du Meilleur Film historique.

1993 – Les assassinats en Algérie frappent ses proches : Tahar Djaout est tué le 3 juin

1994 1993 ; Mahfoud Boucebci le 15 juin ; M’Hamed Boukhobza le 27 juin. Abdelkader Alloula, son beau-frère, est assassiné le 11 mars 1993 et meurt à Paris le 15.
1999 Elue à l’Académie Royale de Belgique sur le fauteuil de Julien Green.

2001 Quitte la Louisiane pour New York University.

2002 Doctorat honoris causa de l’Université de Concordia (Montréal).

Nommée Silver Chair Professor à New York University.
2005 Reçoit le doctorat honoris causa de l’Université d’Osnabrück, ville-symbole de l’historique Traité de Westphalie et de la concorde entre les peuples et les religions.

16 juin 2005 Assia Djebar est élue à l’Académie Française.

 

Oeuvres :

Nulle part dans la maison de mon père (roman), Fayard, 2007.
La Disparition de la langue française (roman), Albin Michel, 2003.
La Femme sans sépulture (roman), Albin Michel, 2002.
Ces voix qui m'assiègent (essai), Albin Michel, 1999.
Les Nuits de Strasbourg (roman), Actes Sud, 1997.
Oran, langue morte (récit), Actes Sud, 1997.
Le Blanc de l'Algérie (récit-témoignage), Albin Michel, 1996.
Vaste est la prison (roman), Albin Michel, 1995.
Villes d'Algérie au XIXè siècle, Paris, Centre Culturel Algérien, 1994.
Chronique d'un été algérien (Photographies de Claudine Dioury, John Vink, Hugues de Wurstemberger et Patrick Zachmann), Paris, Plume, 1993.
Loin de Médine (roman), Albin Michel, 1991.
Ombre Sultane (roman), J.-C. Lattès, 1987.
L'Amour, la fantasia (roman), J.-C. Lattès, 1985.
Femmes d'Alger dans leur appartement (nouvelles), Éditions des Femmes, 1980.
Poèmes pour l'Algérie heureuse, Alger, S.N.E.D., 1969.
Rouge l'aube (théâtre, avec la collaboration de Walid Carn), Alger, S.N.E.D., 1969.
Les Alouettes naïves (roman), Julliard, 1967.
Les Enfants du nouveau monde (roman), Julliard, 1962.
Les Impatients, (roman), Julliard, 1958.
La Soif (roman), Julliard, 1957.

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