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Christine de Suède - Une femme hors norme - 1/4-

Publié le par Perceval

Christine de Suède - Une femme hors norme - 1/4-

Christine de Suède (1626-1688) mérite notre attention, parce qu'en tant que femme, elle pose aujourd'hui encore, des questions sur ce que nous appelons : « féminité » et « masculinité »...

C'est de plus une femme passionnée et étonnante, incarnée par Gréta Garbo au cinéma.

Le 16 novembre 1632, son père le roi Gustave-Adolphe de Suède, meurt à la tête de ses mousquetaires lors de la bataille de Lÿtzen, il s'est illustré lors de la Guerre de Trente Ans à la tête des armées protestantes. Et, à six ans, fille unique, Christine, dernière princesse de la maison de Vasa, lui succède…

A 18 ans, en 1644, elle règne personnellement et directement. Un règne qui va durer 10 ans et durant lequel elle va se forger sa légende et va exaspérer les esprits autant qu’elle va susciter l’admiration.

Vive, curieuse, - élevée comme un garçon - Christine parle français, allemand, italien et latin aussi bien que suédois. Elle invite savants et artistes à sa cour, puis vient à leur rencontre. Elle demande même des cours de philosophie à René Descartes !

La postérité retient parmi les favoris de la reine, un certain Pierre Bourdelot, médecin bourguignon, sans diplôme, qui devient le professeur d'immoralité de la jeune femme. Elle s'éprend de la blondeur d'archange du Conte Magnus de la Gardie, qu'elle fait ambassadeur. Ses sujets luthériens commencent à lui reprocher ses dépenses somptuaires...

Elle partage ses amours entre les hommes et les femmes, tel celui pour Ebba Sparre (1626-1662), qu'elle appelle " Belle " dans des lettres enflammées ; ou la belle Rachel Silva, nièce de son homme d'affaire à Hambourg...

Magnus de la Gardie Ebba Sparre married in 1652 a brother of Magnus Gabriel de la Gardie

A 28 ans, elle renonce au trône, et abdique... Le fameux acte d’abdication au trône de Suède, signé en 1654, par la reine elle-mêmeHabillée en homme, Christine voyage avec une suite réduite de douze personnes, elle traverse l'Allemagne et la Hollande protestantes, et parvient en août dans les Pays-Bas espagnols, premier pays catholique de son itinéraire, où elle est reçue par l'archiduc Léopold.

Son séjour de onze mois à Anvers et à Bruxelles lui vaut la réputation de femme lesbienne, libertine et scandaleuse.

Portrait de Christine de Suède par David Beck (1650)

« Elle ne ressembloit en rien à une femme, elle n’en avoit pas même la modestie nécessaire : elle se faisoit servir par des hommes dans les heures les plus particulières ; elle affectoit de paroître homme en toutes ses actions ; elle rioit démesurément quand quelque chose la touchoit, et particulièrement à la Comédie italienne, lorsque par hasard les bouffonneries étoient bonnes : elle éclatoit de même en louanges et en soupirs […] quand les sérieuses lui plaisoient. Elle chantoit souvent en compagnie ; elle rêvoit, et sa rêverie alloit jusqu’à l’assoupissement : elle paroissoit inégale, brusque et libertine en toutes ses paroles, tant sur la religion que sur les choses à quoi la bienséance de son sexe l’obligeoit d’être retenue : elle juroit le nom de Dieu, et son libertinage s’étoit répandu de son esprit dans ses actions. En présence du Roi, de la Reine et de toute la Cour, elle appuyoit ses jambes sur des sièges aussi hauts que celui où elle étoit assise, et les laissoit voir trop librement : elle faisoit profession de mépriser toutes les femmes, à cause de leur ignorance, et prenoit plaisir de converser avec les hommes sur les mauvaises matières, de même que les bonnes : elle n’observoit nulle règle de toutes celles que les rois ont accoutumé de garder, à l’égard du respect qu’on leur porte. » Françoise de Motteville, Mémoires,Collection des mémoires relatifs à l’histoire de France : portrait réalisé en 1656, lors de sa visite en France

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