Quantcast
Lundi 6 mai 2013 1 06 /05 /Mai /2013 06:17

Je ne sais trop que penser, de ce qu'il semble être de la part de Juliette de Récamier, une stratégie d'image. Femme de goût, elle semblait naturel de se faire admirer, et combattait toute réputation sulfureuse, pour préférer celle de la muse. Elle inspira les personnages d'Antigone de Ballanche, ou de Léonie de Chateaubriand ( par exemple )… mais refuse de se reconnaître dans certains portraits trop idéalisés, trop grecs … ( Juliette qui devient Béatrice, sous le ciseau de Canova, Juliette en Sapho ( Fragonard ), David ...etc)

Nombre de soupirants ont d'ailleurs, été très sensibles à l'ambivalence d'une personnalité qui allie » le double enchantement de la vierge et de l'amante » ( Chateaubriand)

Aussi, «  l'image de Juliette de Récamier » est sans doute le principal sujet (et le plus intéressant) , concernant cette femme.

 

Juliette Récamier (1777-1849) , aussi intelligente que belle, est l'une des femmes les plus célèbres du Consulat et de l'Empire. Elle éblouit, elle séduisit, elle enchanta, tout en restant inaccessible aux plus flatteuses conquêtes.

salon de juliette de Récamier

Femme d'esprit, son salon réunit des proches, parmi lesquels René, vicomte de Chateaubriand, son seul véritable amour; Germaine de Staël, sa meilleure amie (qui lui gardait une chambre particulière à Coppet);

GERARD-Corinne-.jpg

François Gérard (1770-1837)

 Corinne au cap Misène, 1819-1821

Le tableau a été commandé en 1818 par le prince Auguste de Prusse et par Juliette Récamier, pour rendre hommage à leur amie Madame de Staël qui venait de mourir. Auguste et Juliette demandent au peintre d'illustrer un épisode d'un livre de Madame de Staël, Corinne ou l'Italie.

C'était le roman dont ils se sentaient le plus proche : le livre a été publié en 1807, l'année où ils se sont rencontrés. De plus, l'amour impossible entre les deux héros, Corinne et Oswald, leur rappelait sans doute leur propre histoire.

Une fois le tableau terminé, Auguste de Prusse l'offrit à Juliette Récamier qui l'installa chez elle à l'Abbaye-aux-Bois, en souvenir de leur histoire d'amour.

André Marie Ampère et son fils Jean-Jacques, celui-ci éternel amoureux de l’hôtesse; Bertrand Barrère de Vieuzac, le maréchal Masséna, Eugène de Beauharnais, Claire Kersaint, duchesse de Duras; le célèbre dandy anglais George Brian Brummell, Adolphe Thiers, Eugène de Beauharnais, Louis-René, prince et cardinal de Rohan; Bernadotte, futur roi de Suède; lady Georgiana, duchesse de Devonshire; le général Moreau, Paul de Noailles qu’elle fit entrer à l’Académie; Chrétien de Lamoignon de Malesherbe, Louis David et François, baron Gérard, peintres; Élisa Bonaparte, Lucien Bonaparte; la comtesse de Boigne, Astolphe Louis Léonor, marquis de Custine; Joseph Fouché, duc d’Otrante; Isabelle Madeleine de Chastenay Lanty, née La Guiche; Étienne Denis, baron puis duc de Pasquier, chancelier de France; Jean-François de La Harpe, Jérôme Lefrançois de Lalande, astronome; Charles Forbes, comte de Montalembert; la poétesse Marceline Desbordes-Valmore, Prosper Mérimée, Auguste Viesse Marmont, duc de Raguse; Charles-Augustin Sainte-Beuve, Sir Humphrey et Lady Davy, Charles Fox, Wilhelm, baron von Humboldt; le duc d’Hamilton, Delphine Gay, François-Joseph Talma, la comédienne Rachel (Élizabeth Rachel Félix), Pierre-Simon Ballanche, Benjamin Constant, Alphonse de Lamartine, Félicité de Lamennais, François Arago, Honoré de Balzac, Victor Hugo, Eugène Delacroix, Alexis de Tocqueville, Alfred de Musset, Henri Beyle, dit Stendhal et Mme de Genlis.

*****

Portrait-de-Juliette-recamier.jpg

Firmin Massot (1766-1849) "Portrait de Juliette Récamier" (c. 1807) musée des Beaux-Arts de Lyon (Rhône, France)

 

Juliette était était la fille unique d'une « famille élargie » très singulière, cultivée et habile dans les affaires, enracinée à Lyon. Tous les membres de cette tribu était soudée autour de Juliette, et de son « secret » : sa mère marie Julie Bernard, son père putatif Jean Bernard, son père probable le banquier Jacques Rose Récamier, auxquels se joignirent Paul David un cousin, et le théosophe lyonnais Ballanche, attiré dans l'orbite de Juliette en 1812.

Tous respectèrent en la jeune fille un naturel moral digne de la Julie de Rousseau.

La décision que prirent sa mère et ses pères, en 1793 - en vue d'assurer son avenir matériel au cas où la 'famille', entachée de royalisme , serait victime de la terreur -fut de la marier, à 15 ans, au banquier Récamier ( 42 ans) , son père probable. Cette décision fut la pierre angulaire de toute son existence. Ce mariage endogamique, mais non incestueux, resta évidemment blanc. Son mari continua de mener sa vie privée hors de son foyer mais il lui donna son nom, sa fortune et sa protection. 

Par Perceval - Publié dans : Muse, Egérie, modèle ..etc - Communauté : Les Cultureux éclectiques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 4 mai 2013 6 04 /05 /Mai /2013 06:00

onsuelo-Vanderbilt--1876-1964---Duchess-of-Marlborough--a.jpg

Portrait de Consuelo Vanderbilt, Duchesse de Malborough avec son fils Ivor Spencer-Churchill. Huile sur toile, 1906.

Consuelo Vanderbilt (1877-1964), Duchesse de Malborough. Du mariage avec le Duc, elle aura deux fils John Spencer Churchill (1897-1972) et Ivor Spencer Churchill (1898-1956) qui est représenté sur le tableau. Après son divorce, elle épouse l'aviateur Louis-Jacques Balsan (1869-1956) en 1921. Elle vivra en France, ayant une grande activité philanthropique, jusqu'à la mort de son mari. Elle finira ses jours aux Etats-Unis.

*****

Gladys-Deacon-as-painted-by-Boldini.jpg

Portrait de Gladys Deacon. Huile sur toile 1905-1908.

A l'âge de 14 ans, Gladys Deacon rencontre à Blenheim Palace, Charles Spencer-Churchill, 9ème Duc de Malborough (1871-1934) qui a alors 24 ans. Elle en tombe amoureuse et décide qu'elle l'épousera.

Le Duc est mariée depuis 1895 avec Consuelo Vanderbilt... Dans les années 1900, Gladys Deacon est considérée comme une des plus belles femmes de son époque... De nombreux prétendants se pressent pour avoir sa main mais ils sont tous repoussés au nom de son amour pour le Duc de Malborough.

Elle devient la maîtresse du Duc (enfin une de ses maîtresses !). Celui-ci divorce en 1920 de Consuelo Vanderbilt et épouse Gladys Deacon en 1921. L'union sera catastrophique ... ( Nous en reparlerons ...)

Boldini l'a peinte alors qu'elle était au sommet de sa beauté et que ses yeux d'un bleu profond et son intelligence aiguë fascinaient toute la haute société européenne.

*****

 Marquesa-Casati-with-greyhounds.-Portrait-by-Giovanni-Boldi.jpg

Portrait de Maria Luisa Casati avec un Greyhound. Huile sur toile, 1908.

Luisa Adela Rosa Maria von Amann est née à Milan en 1881 dans une richissime famille austro-italienne. En 1900, elle se marie avec Camillo, Marquis Casati Stampa di Soncino (1877-1946). Après la naissance de leur seul enfant, ils vivent chacun de leur côté. La séparation est déclarée en 1914, mais le mariage durera jusqu'à la mort du Marquis.

 Luisa-Casati--1881-1957--with-Paul-Cesar-Helleu-and-Giovann.jpg

Photographie de Mariano Fortuny réunissant le peintre Paul Cesar Helleu (1859-1927) à gauche, Boldini au centre et Maria Luisa Casati à droite. 1913.

 

Elle mène une vie totalement excentrique, se promenant avec deux guenons ou avec des serpents vivants en guise de bijoux.

En 1910 elle s'installe dans un palais vénitien sur le Grand Canal. Elle est ami avec Cocteau, Montesquiou, Diaghilev et sert de modèles à de nombreux artistes comme Man Ray, tout en aidant leur carrière, notamment celle des Futuristes. Elle a une aventure avec d'Annunzio mais aussi avec Romaine Brooks (1874-1970) portraitiste et lesbienne célèbre. 

En 1930, elle est totalement ruinée et a une dette de 25 millions de dollars. Coco Chanel est une de ses débitrices. Tout ce qui lui appartenait est vendu. Elle s'installe à Londres et finira par faire les poubelles. Elle meurt en 1957 à 76 ans, sans un sou vaillant.

Boldini a fait au moins trois portraits de la Marquise, dont un entièrement nue. Tous les artistes qui l'ont représentée se sont accordés à dire que si elle n'était pas d'une beauté exceptionnelle, il émanait de sa personne un magnétisme extraordinaire.

Boldini-Portrait-de-Maria-Luisa-Casati-nue-1914.jpg giovanni-boldini--Nue-a-la-chevelure-rousse.jpg
Boldini: Portrait de Maria Luisa Casati nue, 1914 Giovanni-Boldini- Nu à la chevelure rousse

Le quatrième, Nue à la chevelure rousse, est sans doute aussi un portrait de la Marquise.


 

Par Perceval - Publié dans : Arts visuels - Communauté : Jadis, les femmes...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 2 mai 2013 4 02 /05 /Mai /2013 05:59

Entre 1880 et 1920, toutes les célébrités des arts et de la haute société ont croisé ou se sont arrêtés devant Giovanni Boldini ( 1842- 1931) . Certains lui doivent leur notoriété. Il est un peintre mondain, superficiel, sans doute, mais quel plaisir de scruter dans chacun de ses tableaux - outre la séduction qui se dégage de ces femmes - leur visage, leurs mains, le rendu des étoffes ...

Boldini entre aux Beaux-Arts de Florence en 1863. En 1867, il fait la connaissance d'Edgar Degas qui séjourne souvent à Florence et il visite avec lui l'Exposition Universelle de Paris et rencontre de nombreux artistes. Ce sont les tableaux d' Edouard Manet et Gustave Caillebotte qui lui font la plus grosse impression.

A partir de 1871, Boldini s'installe à Paris. Sa réputation augmente et à partir de 1889, il devient le portraitiste le plus réputé de son temps. Il fait les portraits de toutes les célébrités. Il expose à Paris, New-York et Londres. Les clients aiment ce mélange de touches légères et de sophistication des vêtements et des visages. Les fonds sont parfois, à peine esquissés, ce qui donne une grande spontanéité à des tableaux très bien construits.

Portrait-of-Madame-Josephina-Alvear-de-Errazuriz-Giovanni-B.jpg Portrait-of-Madame-Georges-Hugo--nee-Pauleen-Menard-Dozian-.jpg

Portrait de Josefina Alvear de Errazuriz. Huile sur toile, 1892.

Josefina de Alvear fût l'épouse de Matias Errazuriz Ortusar, diplomate argentin en 1897, quelques années après que le tableau ait été peint. En poste à Paris de 1906 à 1917, le diplomate et son épouse, grands amateurs d'art se constituèrent une collection d'antiquités européennes qu'ils installèrent dans leur maison de Buenos-Aires. A la mort de Josefina Alvear de Errazuriz en 1935, elle légua sa résidence à l'état argentin qui en fit le Musée National des Arts Décoratifs. La robe en satin jaune et parements noirs est un chef-d'œuvre d'élégance.

Portrait de Mme Georges Hugo, née Ménard-Dorian. Huile sur toile, 1898.

Pauline Ménard-Dorian est née en 1870. Fille d'un armateur et maître de forges et d'une mère ardente républicaine qui réunissait dans son salon, Clémenceau, Rodin, Rochefort ou Alphonse Daudet, elle épouse en 1894 Georges Hugo, petit-fils de Victor Hugo, qui était peintre.

Elle tiendra un salon qui comptera Marcel Proust, Emile Zola, Jean Cocteau ou Max Jacob comme hôtes.

Mme Georges Hugo décèdera en 1941 dans le midi de la France.

Le tableau de Boldini est caractéristique de ses portraits brillants et mondains. La robe est magnifiquement rendue.

*****

Portrait-Of-Madame-Juillard-In-Red--Giovanni-Boldini--1842-.jpg Portrait-of-the-Countess-Zichy--Giovanni-Boldini--1905.jpg

Portrait de Mme Juillard en rouge. Huile sur toile, 1912.

Mme Juillard était l'épouse d'un très important banquier parisien.

Portrait de la Comtesse Zichy. Huile sur toile, 1905.

Ce magnifique portrait est celui d'une aristocrate hongroise dont la famille a été liée au plus hautes personnalités historiques (une Comtesse Zichy a été l'épouse du Prince de Metternich).

*****

giovanni-boldini-La-princesse-Marthe-Bibesco-1911.jpg

Portrait de Marthe Bibesco. Huile sur toile, 1911.

Marthe Lahovary est née en 1886 dans une famille de diplomate proche de la famille royale de Roumanie, une branche des Hohenzollern. Elle épouse en 1901, le Prince Georges Valentin Bibesco (1880-1941), frère d'Antoine, un très grand ami de Marcel Proust. Le couple est reçue par le Kronprinz d'Allemagne. Le couple ne s'entend pas mais décide de ne pas divorcer, chacun vivant sa propre vie. Elle reçoit aussi le Tsar Nicolas II en Roumanie.

Elle commence à écrire en français en 1908 sur un voyage qu'elle a effectué en Perse avec son mari. Le livre a du succès et la Princesse Bibesco se révèle un écrivain de talent. Entre les deux guerres, sa gloire littéraire est à son apogée. Ses amis son Valéry, Mauriac, Cocteau ou Rilke. Elle habite le plus souvent un appartement à Paris mais reçoit l'été dans son château de Roumanie tout le gratin politique européen, y compris des têtes couronnées. 

En 1948, les communistes prennent le pouvoir en Roumanie et confisquent tous le biens des Bibesco. A partir de là, Marthe Bibesco ne vivra plus que de sa plume. Elle est élue en 1955 à l'Académie de Belgique. Elle est reçu par le Général de Gaulle et assiste au dîner en l'honneur du Roi de Suède. Elle meurt en 1973. Son œuvre littéraire est totalement oubliée.


*****

Giovanni-Boldini--Marthe-de-Florian--1898-.jpg

La "dame en rose"

Ce tableau de Giovanni Boldini vient d'être « redécouvert ». Il était soustrait des regards du public, chez la petite fille de la « dame en rose », retirée dans le midi et qui est décédée à 91 ans, l'année dernière. … Il était accroché dans le salon et représente une superbe femme, Marthe de Florian ( de son vrai nom Mathilde Baugiron) , nimbée dans une robe du soir en mousseline rose pâle.

Mme de Florian était ce qu'on appelle à l'époque "une demi-mondaine". Actrice de théâtre, Marthe de Florian était d'une beauté exceptionnelle. Elle était la muse de Boldini. Et bien que mariée, elle était aussi sa maîtresse.

Cette femme avait de nombreux admirateurs qu'elle recevait dans son appartement. "Elle classait les lettres d'amour de ses amants, par expéditeur, en petits paquets retenus par des rubans de couleur différente", raconte un expert qui s'est occupé de l'inventaire.

Dans ses tiroirs, on a aussi retrouvé des cartes de visite d'hommes politiques de l'époque, comme Clemenceau, Waldeck-Rousseau, Doumergue ou Deschanel.

Par Perceval - Publié dans : Arts visuels - Communauté : Les Cultureux éclectiques
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 30 avril 2013 2 30 /04 /Avr /2013 06:24

Paul-DELAROCHE--1797-1856--hemicycle-beaux-arts-La-Renomme.jpg

Paul DELAROCHE (1797-1856):  La Renommée distribuant des couronnes.

Projet pour la décoration de l'Hémicycle ou Amphithéâtre d'honneur de l'Ecole des Beaux-Arts (Paris) : La Renommée distribuant des couronnes (1841). Au centre : Ictinous, Apelle, Phidias, 4 femmes symbolisant les périodes de l'art (grec, romain, gothique, renaissance), de part et d'autres peintres, sculpteurs, architectes.  

*****

Le XIXe siècle est le siècle de l'histoire. Certes, depuis la Renaissance les historiens exercent une forte influence, mais c'est après la Révolution française que l'histoire fixe son identité académique. La rupture avec le passé proche, la monarchie et par contre coup le christianisme, semble motiver la référence à un passé lointain. La Révolution conduit à un retour à l'Antique.

 Ernest Lavisse ( 1842-1922, est un historien français, positiviste) : « J’ai le sentiment d’avoir été élevé dans un milieu noble, étranger et lointain. J’ai vécu à Athènes au temps de Périclès, à Rome au temps d’Auguste (...)

 

A l’Ecole des Beaux-Arts, un style et une personnalité dominaient : le néo-classicisme et Jean-Auguste Dominique Ingres (1780-1867).

Les artistes qui plaisaient à la clientèle de la noblesse et de la haute bourgeoisie et dont beaucoup d’œuvres étaient achetées par l’Etat appartenaient à une même mouvance stylistique : l’éclectisme. Elle s’inspirait de tous les styles du passé (de l’Antiquité classique comme du Moyen Age ou de la Renaissance, etc.) sans hiérarchie...

venus_gerome_large.jpg 1848_Jean-Auguste-Dominique_Ingres_-_Venus_Anadyomene.jpg William-Adolphe_Bouguereau_-1825-1905-_-_The_Birth_of_Venus.jpg
 Jean-Léon Gérôme: La Naissance de Vénus (1890)  Jean-Auguste-Dominique Ingres: Venus_Anadyomène (1848)  William-Adolphe_Bouguereau: La naissance de Vénus ( 1879)

L'académisme et les Beaux Arts :

Au XIXe siècle, l’Académie veut que les peintres représentent des sujets nobles et qu'ils maîtrisent le dessin. Les grands modèles sont les peintres de la Renaissance comme Raphaël et ceux du néo-classicisme français comme David.

Atelier-Cabanel.jpg
Atelier de Cabanel

Alexandre Cabanel (1823-1889)

Ce peintre a eu une carrière glorieuse. Il fut très apprécié de son temps. En 1863, il présente au salon La Naissance de Vénus. Le corps de la femme est idéalisé. Il ne présente aucun défaut.

Jean-Léon Gérôme (1824-1904)

Cet artiste se passionne pour l'antiquité. Il aime restituer les moindres détails de cette époque passée. Pour cela, il étudie beaucoup les ouvrages et les représentations antiques, pour être le plus fidèle possible. Il s'opposera fortement au mouvement impressionniste qui était pour lui un "déshonneur" à l'art français. Il sera pendant longtemps professeur à l'École des beaux-arts, enseignant cette peinture académique qu'il aime tant à ses élèves.

Fin-de-siecle--Atelier-de-Jules-Cavelier-Aux-Beaux-Arts-de.jpg
Fin de siècle, Atelier de Jules Cavelier Aux Beaux-Arts de Paris

William Bouguereau (1825-1905)

Professeur en 1888 à l'école des beaux-arts de Paris et à l’Académie Julian, ses peintures de genre, réalistes ou sur des thèmes mythologiques sont exposées annuellement au Salon de Paris pendant toute la durée de sa carrière. Il travaille aussi à de grands travaux de décoration, notamment pour l'hôtel de Jean-François Bartholoni, et fait aussi le plafond du Grand-Théâtre de Bordeaux.

En 1876, il devient membre de l'Académie des beaux-arts.

 

 Thomas Couture - Les Romains de la décadence 2


Romains de la décadence 1847,  par Thomas Couture (1815-1879). Jacobin, républicain et anticlérical, il critique la décadence morale de la France de la Monarchie de Juillet, dont la classe au pouvoir avait été discréditée par une série de scandales.

Les sujets des tableaux historiques proposés pour le prix de Rome de peinture continuent d’être tirés de l’histoire classique, de la mythologie ou de la Bible, et celui qui remporte le Grand Prix annuel de peinture d’histoire est assuré d’une carrière couronnée d’honneurs officiels

Par Perceval - Publié dans : Muse, Egérie, modèle ..etc - Communauté : Les Cultureux éclectiques
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Dimanche 28 avril 2013 7 28 /04 /Avr /2013 05:41

Que se passe t-il donc..?

Quel est donc l'objet de tant d'émotions ...?

 

Gerome-Phryne-detail-4-copie-1.jpg Gerome-Phryne-detail-2.jpg Gerome-Phryne-detail-1.jpg
Gerome-Phryne-detail-5.jpg Gerome-Phryne-detail-6.jpg Gerome-Phryne-detail-3.jpg

Ces visages qui apparaissent dans un tableau célèbre du XIXème, sont ceux de magistrats surpris par la scène … Le peintre a sans doute imaginé les visages de bourgeois du XIXème qui – lors de chaque salon – se scandalisent de certaines scènes, mais se précipitent avec délectation devant l’œuvre...

Ici, les visages des juges, plutôt d'un certain âge, semblent subitement se ranimer. Il s'agit bien – vous l'aviez compris – d'une contemplation impudique, qui pourrait rappeler, si elle n'était pas involontaire, l’épisode biblique de « Suzanne et les vieillards ».

Il s'agit dans ce tableau de Gérôme ( 1824-1904) - non pas de Suzanne - mais de Phryné, une hétaïre ( courtisane ) du IVème siècle av J.C.

Praxitele---Aphrodite-de-Cnide-copie-1.jpg
Aphrodite de Cnide de Praxitèle ( 400 av. J.-C., mort avant 326 av. J.-C )

A la différence d'une prostituée, la courtisane a un nombre réduit d'amants, qu'elle choisit. Ils la couvrent de cadeaux pour s'attacher ses faveurs. Elle n'accepte pas d'argent normalement, mais si elle fait payer ses services elle exige alors des sommes extravagantes. Elle protège son corps des regards, car le fait qu'on ne puisse le voir fait sa valeur (exception étant faites de l'art : ce dernier peut être célébré par l'intermédiaire d'une statue, comme la statue d'Aphrodite de Praxitèle...)

Athénée écrit:

«  Il faut bien avouer que la splendeur de Phryné résidait dans ce qu’elle ne montrait pas. C’était impossible de la voir nue, car elle était toujours vêtue d'une tunique qui dissimulait les charmes de son corps ; de plus, elle n'allait jamais aux bains publics» Athénée de Naucratis : XIII : 59

Accusée d'impiété ( la raison de son procès n'est pas claire …) elle est jugée devant l'aréopage. Hypéride, l'orateur qui la défend, et accessoirement un de ses amants, convainc les héliastes de l'innocence de Phryné en arrachant le haut de sa tunique, dévoilant ainsi sa poitrine. Les héliastes virent dans la grande beauté de Phryné le signe d'une protection d'Aphrodite et eurent peur de fâcher cette divinité en mettant à mort une de ses servantes. Ils acquittèrent donc Phryné.

 

Plusieurs explications sont avancées pour expliquer les raisons de son procès :

- Accusée de meurtre par Euthias, ou plutôt :

- Organisatrice d'une confrérie religieuse vouée au culte du dieu thrace Isodaetes, elle est accusée par l'un de ses anciens amants d'introduire une divinité étrangère à Athènes et par là-même de corrompre les jeunes femmes. A moins qu'elle fut...

- Accusée d'obscénité, et jugée pour impiété car elle s’était baignée nue un jour de fête religieuse,

En effet, à la grande assemblée des Eleusines et aux fêtes de Poséidon, elle ôta son manteau devant tous les Grecs, laissa tomber ses longs cheveux et entra dans l'eau dans le plus simple appareil. Cette attitude surprit, en effet la splendeur de Phryné résidait dans ce qu’elle ne montrait pas.  

Cependant, quelle que soit la raison de son procès, La légende prétend que, subjugués par tant de beauté, les Héliastes virent en Phryné « l’auguste image de la maternité et de l’amour » et refusèrent de la condamner.

Aphrodite_Anadyomene_from_Pompeii_cropped.jpg

Aphrodite Anadyomène de Pompéi

Selon Athénée , l'idée d'Aphrodite émergeant de la mer a été inspiré par la courtisane Phryné , qui, pendant le temps des fêtes de la Eleusinieset Poseidonia , avait nagé nue dans la mer.

Selon Élien, les Grecs auraient dressé sur une colonne, à Delphes, une statue en or de Phryné. Athénée (170-223, grec d'Egypte ) précise qu'elle est l'œuvre de Praxitèle et qu'elle porte l'inscription « Phryné, fille d'Épiclès de Thespies ».

 

ZOLA n'apprécie pas la peinture de Gérôme, voici ce qu'il écrit dans :Nos peintres au Champ de Mars, in La situation, 1 juillet 1867

DAUMIER-Honore--1808-1879--VOYONS-.ADMIREZ-AU-MOINS-CE-CO.jpg « M. Gérome travaille pour tous les goûts. Il y a en lui une pointe de gaillardise qui réveille un peu ses toiles ternes et mornes. En outre, pour dissimuler le vide complet de son imagination, il s'est jeté dans l'antiquaille. Il dessine comme pas un les intérieurs classiques. Cela le pose en homme savant et sérieux. Comprenant peut-être qu'il ne pourra jamais prendre le titre de peintre, il tâche de mériter celui d'archéologue.
La peinture, ainsi envisagée, devient une sorte d'ébénisterie. Je m'imagine M. Gérome voulant faire un tableau, sa Phryné devant le tribunal*, par exemple. Il commence par reconstruire la salle ou l'hétaïre fut jugée ; ce n'est pas là un mince travail ; il lui faut consulter les anciens et prendre l'avis d'un architecte. Une fois la salle bâtie, il faut disposer le sujet. 

Honore-Daumier-PARIS.---EXPOSITION-DES-BEAUX-ARTS.--Dans-le.JPG

C'est ici qu'il est nécessaire d'empoigner le public. D'abord, l'artiste choisira le coup de théâtre historique, l'instant où l'avocat, pour défendre Phryné, se contente de lui arracher son vêtement. Ce corps de femme, posé gentiment, fera bien au milieu du tableau. Mais cela ne suffit pas, il faut aggraver en quelque sorte cette nudité en donnant à l'hétaïre un mouvement de pudeur, un geste de petite maîtresse moderne surprise en changeant de chemise.
Cela ne suffit pas encore ; le succès sera complet, si le dessinateur parvient à mettre sur les visages des juges des expressions variées d'admiration, d'étonnement, de concupiscence ; ces rangées de vieilles faces allumées par le désirs seront la pointe suprême du ragoût, les épices qui chatouilleront les palais les plus blasés. Dès lors l'œuvre est assaisonnée à point ; elle se vendra cinquante ou soixante mille francs, et les reproductions qu'on en fera inonderont Paris et la province, et serviront des rentes à l'auteur et à l'éditeur. 
»

*****

rideau baissé

Par Perceval - Publié dans : Muse, Egérie, modèle ..etc - Communauté : Jadis, les femmes...
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Présentation

Recherche

Images Aléatoires

  • Julia O. Bekhova 1
  • ferdinand hodler Sunset at Lake Geneva, 1915

Syndication

  • Flux RSS des articles

Merci de votre visite ...

Ce Blog est né le 7 mars 2012... Pour être prêt le 8 mars: Journée de " La Femme "

      Nb de visites:un compteur pour votre site

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés